Un grand effort de coordination d’accueil de nouveaux arrivants

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Les francophones ne doivent pas manquer le bateau

L’immigration touche de plus en plus de sphères de la société. Malheureusement, lorsque l’on parle d’accueil et de rétention, ce sont souvent les mêmes organismes et acteurs qui se parlent, alors qu’il faudrait un effort concerté pour bien réussir. Les deux conférences bilingues Viens au Nord sont justement des efforts pour réunir plus de gens pour l’accueil des nouveaux arrivants.

«On se parle depuis trop longtemps dans le même petit cercle. Malheureusement, on a beaucoup de difficulté à rejoindre les autochtones, les petites communautés, même les acteurs qui ont plus un rôle indirect en immigration, comme les hôpitaux et les services de police», explique le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du nord de l’Ontario, Thomas Mercier. 

Les organisateurs espèrent donc y voir ces travailleurs, mais également des élus de tous les niveaux de gouvernement, des acteurs de l’éducation, des employés des services sociaux, des groupes confessionnels, toute personne ou groupe qui ont un esprit communautaire et, surtout, des immigrants.

Les rencontres auront lieu à Kenora du 18 au 20 février et à Temiskaming Shores du 11 au 13 février. Temiskaming Shores a été choisi pour le Nord-Est pour son emplacement plus central entre les grandes villes du Nord et pour démontrer que cette conférence s’adresse également aux plus petites municipalités.

Un rendez-vous à ne pas manquer pour les francophones


« Moi, mon rôle, c’est d’amener les francophones. Car si les francophones ne sont pas là, on va manquer la balle au bond. »
Thomas Mercier

Il souligne que beaucoup d’efforts ont été déployés pour qu’il y ait des présentations en français et que les participants puissent utiliser la langue de leur choix pendant les trois jours.

Les trois principaux objectifs des conférences démontrent bien le désir d’inclure un plus grand nombre d’intervenants : sensibiliser le plus d’intervenants possible aux ressources pour attirer, retenir et aider les nouveaux arrivants; identifier des partenariats possibles afin de coordonner des initiatives ou partager des ressources; établir une liste concrète des prochaines étapes et tout de suite dresser un plan afin de les réaliser.

«Mettre en place un plan de match global qui réunit tout le monde pour qu’on arrête de se parler dans notre petit silo», illustre M. Mercier.

Il donne plusieurs exemples d’évènements qui se concentrent sur un aspect ou un groupe particulier, mais qui gagneraient pourtant à s’associer avec d’autres. «Les cinq grandes villes du Nord de l’Ontario sont tour à tour allées recruter dans des foires d’emplois dans le Centre-Sud-Ouest sans se concerter, sans se coordonner aux mêmes évènements, donc il y a un gaspillage terrible [de temps, d’énergie et d’argent] si on ne travaille pas ensemble», élabore-t-il. Il y a des différences entre les municipalités, «mais il y a des arguments communs que l’on doit travailler».

La situation du Nord de l’Ontario est particulière. La province est grande et la région n’est pas indépendante, mais ses besoins diffèrent de ceux du sud. Il y a très peu d’organismes qui ont un mandat qui couvre le Nord de l’Ontario en entier, ce qui complique la mise en commun et la coordination. 

«La stratégie en commun, je crois que ça va beaucoup reposer sur les acteurs névralgiques du domaine de l’immigration qui ont des mandats régionaux. On est habitué de travailler ensemble […]. On va bénéficier de la diversité d’opinion de ces acteurs-là pour faciliter une concertation», explique M. Mercier.

Minuit moins une

La croissance démographique des nouveaux arrivants est déjà bien entamée dans le Nord et il devient de plus en plus urgent de s’organiser.

«À Sudbury, ça se voit dans la vie de tous les jours en parlant aux employeurs dans les CV qu’ils reçoivent, avec les institutions d’enseignements. Ça commence aussi à se répandre ailleurs dans le Nord de l’Ontario, autant dans les autres centres d’importances, comme Thunder Bay, Sault-Ste-Marie ou Timmins, et on voit les balbutiements et une organisation dans les communautés plus petites», présente le coordonnateur. 

Il y aura d’ailleurs des présentations sur les succès des initiatives d’intégration de Terrace Bay et d’Iroquois Falls.

Le Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario fait partie du comité organisateur, qui est mené par le Lake of the Woods Business Incentive Corporation de Kenora et la ville de Temiskaming Shores. «On est la principale organisation francophone pour ces conférences-là», précise M. Mercier.

L’inscription à la conférence est gratuite et il y a même un budget pour appuyer le déplacement et l’hébergement des participants. Visitez www.comenorth.ca pour tous les détails.