La parade Fierté Sudbury Pride de 2018.
La parade Fierté Sudbury Pride de 2018.

Un discours d’intolérance prolifère à Sudbury

Paul-François Sylvestre
Paul-François Sylvestre
Initiative de journalisme local - APF
L’intimidation et le harcèlement à l’endroit de la communauté LGBTQ de Sudbury se sont récemment accrus, au point où Fierté Sudbury Pride a cru nécessaire d’attirer l’attention sur la situation.

L’organisme a condamné sur Facebook toute activité ou expression de haine, qu’elle soit de nature homophobe, transphobe, antisémite, raciste ou islamophobe. Le président de Fierté Sudbury Pride, Alex Tétreault, se dit «très préoccupé par la normalisation de diverses formes d’intolérance ciblant des groupes historiquement opprimés et marginalisés».

Des messages anti-LGBTQ ont été publiés sur Facebook et, en dépit des plaintes formulées par des Sudburois, «Facebook n’a pas jugé nécessaire de rayer les commentaires offensants, alléguant qu’ils ne violaient pas ses standards communautaires», précise M. Tétreault. «C’est toujours la question de la liberté de parole qui l’emporte», ajoute-t-il.

Des personnes affichant ouvertement leur orientation sexuelle ont été intimidées dans la rue, à leur domicile, et même dans leur milieu de travail. Fierté Sudbury Pride les a invitées à contacter le Service de police du Grand Sudbury. Les auteurs des gestes d’intimidation et de harcèlement ont eu droit à de simples avertissements de la part du corps policier. Selon Alex Tétreault, «la police reconnait que les remarques prononcées peuvent être offensantes, mais ne les juge pas criminelles».

Un mal répandu

Fierté Sudbury Pride a publié un message en anglais et en français sur Facebook le 6 janvier pour condamner «les attaques soutenues en ligne, commises par des groupes haineux locaux». On peut y lire qu’ils «utilisent des stéréotypes, du langage et des images racistes, islamophobes, anti autochtones, antisémites, transphobes et misogynes afin de recruter des individus à leur cause».

Alex Tétreault préfère ne pas nommer ces groupes, «car ce serait leur donner une plus grande visibilité, mais c’est assez, c’est même trop», précise-t-il.

Il note, à regret, que certains membres de la communauté LGBTQ de Sudbury tiennent eux aussi parfois des propos douteux. «Quelqu’un peut être contre l’homophobie et tenir du même coup des remarques transphobes.» Comme quoi il reste encore beaucoup d’éducation à faire dans toutes les couches de la société.

Du chemin parcouru

Une première Sudbury Pride Week a été organisée en 1997. La première marche de la Fierté attire 200 personnes. Quinze ans plus tard, l’évènement se transforme en organisme sans but lucratif et adopte le nom de Fierté Sudbury Pride. Il s’agit alors du seul organisme du genre à s’afficher de façon bilingue en Ontario.

La communauté locale appuie cette initiative annuelle et divers groupes tiennent même des activités qui se greffent à la programmation de Fierté Sudbury Pride. C’est le cas, par exemple, du Théâtre du Nouvel-Ontario, qui a organisé une soirée d’impro l’an passé.

La prochaine semaine de Fierté Sudbury Pride aura lieu du 13 au 19 juillet 2020. La programmation complète sera affichée dès le mois de juin sur le site sudburypride.com (plateforme unilingue anglaise pour l’instant). Tout organisme désireux de faire coïncider une activité avec ce festival est prié de s’adresser à info@sudburypride.com et pourra recevoir une réponse en français.