Le parc Kinsey, à Hearst
Le parc Kinsey, à Hearst

Nouveau parc accessible, mais surtout inclusif

Andréanne Joly
Andréanne Joly

Un tout nouveau parc accessible et inclusif est apparu l’automne dernier près de la rivière Mattawishkwia, à Hearst. À défaut de procéder à une ouverture officielle, le comité consultatif d’accessibilité de Hearst s’est rabattu sur une vidéo YouTube, lancée le 26 mars pour montrer la structure financé à hauteur de 150 000 $ par la Fondation Trillium de l’Ontario.

Il s’agit du tout premier parc adapté aux besoins particuliers pour la ville de 5000 résidants. Le parc Kinsey, situé au bout de la 7e Rue, compte maintenant une aire de jeux avec des structures accessibles en fauteuil roulant, des balançoires, un abri, une table à pique-nique et une toilette portative accessible. 

«On voulait que ce soit un espace intergénérationnel», explique le conseiller municipal Joël Lauzon, membre du comité jusqu’à l’automne dernier. «Ce n’est pas juste pour les personnes en fauteuil roulant, c’est aussi pour un grand-parent qui veut jouer avec ses petits-enfants», illustre-t-il.

Julie Lanoix, membre du comité depuis 2011, espère bien voir les adolescents s’y rendre aussi. L’ouverture de ce parc représente pour elle l’aboutissement d’un beau rêve. Elle précise : le nouveau parc n’est pas qu’accessible, il vise l’inclusion et souhaite que tout le monde se sente à l’aise d’y aller.

La présidente (et fondatrice) du comité, Anne-Marie Portelance, abonde. «C’est un lieu rassembleur où tout le monde peut se réunir, qu’importe les handicaps et les besoins spéciaux, et où tout le monde peut participer à la même activité en même temps.» 

Le comité souhaite d’ailleurs que le grand terrain serve de lieu de rassemblement culturel.

Des mentalités qui changent

Le comité consultatif d’accessibilité de la Ville de Hearst a été fondé en 2008 pour le leadeuship d’Anne-Marie Portelance. Le parc n’est qu’un jalon parmi les nombreuses réalisations du groupe. Les rencontres publiques, par exemple, sont d’ailleurs l’un des accomplissements qui fait la fierté du comité consultatif. Lors de ces rencontres, le public participe et relève les obstacles. Ces observations permettent de faire avancer le dossier d’accessibilité en territoire hearstéen. 

Le comité est aussi heureux d’avoir procédé à l’évaluation de nombreux bâtiments, et ce, au-delà des infrastructures municipales. Avec des bénévoles en fauteuil roulant ou qui ont des problèmes auditifs ou visuels, le comité a visité des bâtiments des secteurs public, parapublic et privé. «Les gens sont plus conscients du besoin d’accessibilité», témoigne la représentante jeunesse au sein du comité, Brianna Picard.

Évaluer les besoins

Le vieillissement de la population est un facteur favorisant la sensibilisation, mais le comité rappelle que l’accessibilité n’a pas d’âge. «Les handicaps c’est plus vaste qu’on peut s’imaginer, plaide Julie Lanoix. C’est des handicaps physiques, des handicaps invisibles, il y a la santé mentale. C’est vraiment vaste.» Les données de Statistique Canada n’englobent pas tout.

C’est lors des rencontres publiques — suspendues depuis plus d’un an — que les besoins réels de la communauté se jaugent. «Ça se mesure au niveau humain», pour citer Joël Lauzon, qui insiste du même souffle sur la dimension intergénérationnelle des besoins.

Le parc en constitue un bon exemple. «C’est une place pour tout le monde, rappelle-t-il. On peut commencer un projet, et un projet d’assez grande envergure, en ayant en tête quelque chose de 100 % accessible, pour tout le monde.»

Le parc Kinsey, à Hearst