Le report des Jeux olympiques, un mal pour un bien

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur
Deux athlètes du Nord y voient des côtés positifs.

Le Comité international olympique (CIO) et le Comité international paralympique (IPC) ont annoncé que les XXXIIes Jeux d’été de Tokyo sont déplacés du 23 juillet au 8 aout 2021 pour les Jeux olympiques et du 24 aout au 5 septembre pour les Jeux paralympiques.

La semaine dernière, le Comité olympique canadien (COC) et le Comité paralympique canadien (CPC) ont pris la décision de ne pas envoyer d’équipes aux Jeux de 2020 en raison des risques liés au nouveau coronavirus. Ce sont pourtant de bonnes nouvelles pour quelques athlètes de la région qui aimeraient représenter le Canada lors ces deux compétitions sportives d’envergure.

La nageuse franco-ontarienne du Grand Sudbury et ancienne élève du Collège Notre-Dame, Nina Kucheran, et un parakayakiste de Callander, Dave Innes, sont parmi ceux et celles qui vont profiter d’une année supplémentaire pour améliorer leurs perspectives de faire partie de la délégation canadienne. Depuis quelques années, ces deux compétiteurs s’entrainent plus d’une vingtaine d’heures par semaine. Voici leur témoignage et leur réaction face à la remise des Jeux de Tokyo.

Nina Kucheran

Nina Kucheran — Membre de l’équipe de natation de l’Université Florida State

«J’appuie pleinement la décision de repousser les Jeux olympiques à l’été 2021. Évidemment, pour tellement d’athlètes à travers la planète, c’est très décourageant d’avoir mis tant d’effort et de nombreuses heures de pratique vers un but commun qui ne sera pas réalisé cet été. Par contre, avec la situation et la crise globale, c’est clairement la décision la plus prudente de penser à la santé de tous les gens à travers la planète.

«Nous n’avons aucun contrôle par rapport à cette situation et, en ce moment, ce qui est encore plus important que le rêve olympique, c’est la sécurité de tout le monde pendant cette pandémie. Malgré le fait que les Olympiques sont repoussés, l’objectif n’a pas changé. Nous avons un but en tête et, même si nous n’avons pas les aménagements pour nous entrainer en ce moment, nous restons actifs d’autres façons et continuons à travailler vers notre but.

«J’ai hâte de participer aux essais olympiques canadiens de natation en 2021. Le rêve olympique serait une réalisation complète et c’est quelque chose que je rêve de faire depuis l’enfance. Par contre, j’essaie de faire de mon mieux, de penser au processus et de m’amuser le plus possible au lieu de [simplement] penser au résultat. J’ai hâte d’avoir une année supplémentaire pour m’entrainer et améliorer mes habiletés.»

Dave Innes

Dave Innes — Parakayakiste de Callander

«J’ai des sentiments mitigés quant au report des Jeux de Tokyo. Je crois que la plupart des athlètes voyaient venir cette annonce et que c’était juste une question de temps. Pour moi, c’est une situation qui joue en ma faveur, car, au lieu d’avoir seulement une petite fenêtre, j’en ai maintenant une plus grande pour m’équiper et de m’entrainer dans mon kayak. C’était la bonne décision à prendre et ça démontre que le Canada veille à la sécurité de ses athlètes et de ses entraineurs. Les dirigeants ont pris cette décision avant même que l’annonce d’annuler les Jeux olympiques soit faite.

«Ça serait une occasion exceptionnelle de pouvoir participer à un évènement paralympique. Je suis allé aux Jeux Invictus où j’ai été médaillé. Par contre, j’ai commencé à m’entrainer un peu tard dans ma vie. J’aurai bientôt 49 ans et, malgré que je sois en santé et que je n’ai aucune blessure, il faut que je m’entraine judicieusement.

«Je suis un athlète d’élite qui n’a pas de commanditaires. Mon équipement, mes suppléments, mes massages thérapeutiques, ma physiothérapie, mon régime alimentaire, mon entrainement et mes déplacements me coutent entre 50 000 $ et 60 000 $ par année. Pourtant, la région de North Bay m’appuie depuis le début et m’aide avec des prélèvements de fonds. Je crois qu’il faut travailler pour réussir et que les gens ne devraient pas s’attendre à simplement recevoir de l’argent ou des subventions. J’ai lancé ma propre ligne de vêtements et je suis reconnaissant des gens de North Bay qui m’appuient et qui achètent mes T-shirts, mes casquettes et mes chandails.»