Le désavantage du petit nouveau

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Les très jeunes joueurs de hockey francophones du Grand Sudbury ne sont pas parvenus à obtenir un temps de glace respectable pour apprendre ce sport dans les arénas du Grand Sudbury.

Les organisateurs regrettent de ne pas avoir eu plus d’appui des responsables des loisirs à la ville pour trouver des temps de glace plus convenables.

L’initiation au hockey pour les jeunes francophones de 4 à 8 ans est une nouvelle initiative du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS) et du Carrefour francophone. La création de ce groupe vient des démarches d’un parent qui, malgré ses discussions, n’est jamais parvenu à créer un groupe de hockey francophone au sein des ligues existantes. 

Les organisateurs s’attendaient à une trentaine d’inscriptions, ils en étaient à presque 50 le 17 septembre.

Le groupe, non initié au système de réservation de temps de glace, dit avoir reçu très peu de sympathie de la ville et encore moins des groupes existants. Si bien que les seuls choix de temps de glace qu’ils ont reçu sont ceux dont personne ne veut. À la fin du processus la semaine dernière, ils avaient le choix entre le dimanche de 11 h à midi à l’aréna Centennial de Hanmer et le lundi de 16 h à 17 h à l’aréna Cambrian. 

Ils ont gardé le deuxième choix. «Pas évident pour des enfants qui vont à l’école et répartis un peu partout en ville», note le directeur du CSCGS, Denis Constantineau.

Système en place

Denis Constantineau décrit très simplement le système d’allocation de temps de glace de la ville : «Les derniers arrivés vont au bas de la liste pour choisir les temps de glace». Puisque les francophones n’y ont jamais participé, ils étaient effectivement les derniers, sans pouvoir négocier.

Dans un courriel envoyé à la ville, la directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury, Joanne Gervais, déplorait le manque de marge de manœuvre. «Ce désavantage pour les familles francophones qui essaient d’offrir à leurs enfants la chance d’avoir du plaisir en français doit être appuyé par la ville et non pas entraver… Clairement, les associations de hockey n’ont pas l’intention de travailler avec nous, alors la Ville est notre dernier espoir.»

La réunion d’allocation de temps de glace a eu lieu le 22 septembre. La conseillère des communications et de l’engagement communautaire à la ville, Sacha Novack, écrit au Voyageur que la Ville a informé autant que possible le groupe francophone. Il aurait eu la chance de choisir un temps de glace avant la réunion, de le faire par le biais du système en ligne et d’avoir une rencontre explicative. 

Cependant, même la liste des temps de glace proposés avant la rencontre, à laquelle nous avons eu accès, n’offrait pas de périodes beaucoup plus alléchantes. Puisque l’objectif est de desservir tous les francophones, ils avaient besoin d’un aréna en ville et non en périphérie. Or, les périodes disponibles étaient tôt la fin de semaine où en fin de journée en semaine, souvent trop près de la fin de l’école.

Autre désaccord; la ville avait écrit que le représentant du groupe serait invité. Denis Constantineau affirme qu’ils n’ont jamais reçu l’invitation.

Le directeur du CSCGS ne considère pas le processus équitable, plutôt désavantageux pour la minorité déjà désavantagée. «On ne demande pas les meilleurs temps de glace en ville, on demande un traitement équitable.»

Du côté de la ville, on dit simplement respecter le processus établi et d’avoir donné au nouveau groupe autant d'informations que possible. 

Denis Constantineau espère que, malgré l’échec de cette année, la Ville considèrera que son système devrait être révisé. «Je veux que la Ville se rende compte qu’il faut faire de la place pour les autres et que, des fois, il faut regarder notre façon de fonctionner. Parce qu’on l’a toujours fait d’une façon ne veut pas dire que c’est équitable.»