Les RIFOs lancent une stratégie de lutte contre le racisme

Venant Nshimyumurwa
Venant Nshimyumurwa
Le Voyageur

Devant diverses formes de racisme qui rongent les communautés de la province, les trois Réseaux en immigration francophone de l’Ontario (RIFO) se lèvent et agissent. Ils ont dévoilé une stratégie pour diminuer les comportements contribuant à perpétuer les actions discriminatoires. Pour y arriver, deux formats d’outils jugés efficaces mis de l’avant.

La stratégie a été annoncée officiellement le 12 novembre dans le cadre de la Semaine nationale de l’immigration francophone. La coordonnatrice du Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’est de l’Ontario (RSIFEO), Brigitte Duguay Langlais, fait savoir que la stratégie a pour but de lutter contre le racisme sous toutes ses formes. Elle est «le fruit d’un long travail de réflexion, de concertation des trois réseaux en immigration francophone de l’Ontario et d’une collaboration avec deux acteurs francophones de l’est de l’Ontario : la firme Boxia et l’équipe Santé psychologique d’Orléans».

La communauté de race blanche au centre de l’action

Comme l’explique Brigitte Duguay, la stratégie portera sur la capacité des communautés de race blanche de l’Ontario de contribuer à l’élimination du racisme et de la discrimination. «La reconnaissance du privilège blanc et de la fragilité blanche est au cœur de cette stratégie, sans pour autant stigmatiser la communauté blanche. À cette fin, nous voulons sensibiliser et éduquer les populations sur ces deux phénomènes», souligne-t-elle.

Abondant dans le même sens, Dre Monic Gallien de l’Équipe de santé psychologique d’Orléans renchérit en précisant que la stratégie compte «amener la population d’accueil (blanche) à être un acteur du mouvement de changement». Pour elle, la lutte contre le racisme ne passe pas seulement par les populations racisées, mais aussi par la population majoritaire.

Deux nouveaux formats d’outils

La stratégie de lutte contre le racisme est axée sur trois objectifs. Le premier est de sensibiliser les gens à être conscient de l’existence des phénomènes contribuant à diverses formes de racisme. 

Le second; diminuer les comportements favorisants à perpétuer les actions discriminatoires envers des personnes autochtones, noires, de couleur et des immigrants. Enfin, encourager des initiatives et interactions antiracistes. 

Pour être efficaces dans l’atteinte de ces objectifs, les RIFOs ont innové des stratégies susceptibles d’avoir un impact réel sur les populations. Ils ont ainsi privilégié deux formats d’outils pouvant livrer des messages clairs et directs. 

Il s’agit de la bande dessinée ainsi que des capsules vidéos qui seront aussi montées en format balado. «Ces outils s’adresseront au grand public, mais aussi spécifiquement aux partenaires des réseaux. Vu leur influence sur la communauté et dans le cadre de leur permettre de nous aider, nos partenaires seront très prochainement formés sur l’utilisation de ces outils», précise Brigitte Duguay du RSIFEO. Ces deux outils ont été choisis parce qu’ils présentent de la réalité et des faits, font réfléchir, informent et proposent des solutions de façon claire, ont expliqué les concepteurs.

Dans les capsules vidéos, on verra, entre autres, des gens de race blanche témoigner de leur prise de conscience sur la question de racisme.

Image promotionnelle de la stratégie contre le racisme des RIFOs.

Les chiffres parlent

L’action des réseaux en immigration francophone de l’Ontario pour lutter contre le racisme vient à point nommé. La situation n’est pas encourageante et les chiffres parlent d’eux-mêmes. 

Le directeur adjoint à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Sam Cherid, qui a participé au lancement de la stratégie, a fait mention de quelques chiffres de Statistique Canada en ce qui concerne la discrimination et les crimes haineux. 

«25 % des plaintes de discrimination déposées auprès de la Commission canadienne des droits de la personne en 2016 étaient liées à la race, à la couleur, à l’origine nationale ou ethnique ou à la religion». Il ajoute que «43 % des crimes haineux déclarés en 2017 étaient motivés par la haine d’une race ou de l’origine ethnique». Ces informations émanent de la Commission canadienne des droits de la personne.

Les trois réseaux en immigration francophone de l’Ontario initiateurs de la stratégie sont le Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest (RIFCSO), le Réseau en immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO) et le Réseau en immigration francophone du Nord de l’Ontario (RIFNO)