Hayden avec sa correspondante, Esther.
Hayden avec sa correspondante, Esther.

Briser l’isolement en temps de pandémie une lettre à la fois

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Durant la dernière année scolaire, les élèves du cours de Creative English Writing de Pamela Morin à l’École secondaire catholique Trillium ont échangé des lettres régulièrement avec des correspondants de la communauté de Chapleau. 

C’était la première fois en 20 ans d’enseignement que Mme Morin livrait ce cours de 11e et 12e année. 

«Avec la pandémie, je vois des personnes qui sont peut-être seules et je pensais souvent à comment on pouvait leur donner un peu de positivité dans les temps difficiles et de faire une connexion. Alors, j’ai pensé [que les élèves pourraient] écrire des lettres», explique l’enseignante. 

Elle a donc appelé six personnes âgées qu’elle connaissait, la majorité des femmes, pour sonder leur intérêt au projet. «J’ai expliqué que je voulais faire un échange de lettres entre eux et mes six élèves. La seule intention, c’était qu’ils écrivent des lettres du mois de février au mois de juin. Il n’avait aucun règlement de longueurs, par exemple. Juste écrire des lettres», indique-t-elle. 

Les élèves ont été parfois surpris par le processus d’écriture et de lecture de lettres manuscrites et personnelles. «Il y avait quelques-unes des correspondantes qui écrivaient des lettres de comme huit pages. Alors, pour mes élèves, c’était un peu d’un “wow”.» Elle accordait du temps de classe à ses élèves pour lire et écrire. 

«J’avais même une fille qui a apporté ses affaires de scrapbooking pour faire de vraiment belles lettres. Aussi, j’avais des élèves qui n’avaient jamais écrit une lettre à la main avant, alors c’était vraiment beau à voir», souligne-t-elle. 

Sheila avec sa correspondante, April.
Jayde avec sa correspondante, Joan.

Mme Morin a également accordé une certaine liberté aux élèves pour les sujets de discussion. Pour elle, les étudiants bénéficieraient de simplement écrire ce qu’ils pensaient. «Comme professeure d’English, le mot écrit est super important pour moi. Nos mots sont la façon qu’ont choisi pour s’exprimer.»

En fin de compte, il s’agissait plus que d’obtenir des crédits pour les étudiants. Elle y voit une opportunité de tisser des amitiés intergénérationnelles au prix d’un peu de temps en écrivant sur papier. «Ce n’est pas nécessaire de dépenser beaucoup d’argent pour faire une connexion humaine», explique-t-elle. 

Une rencontre très attendue

Elle avait depuis le début d’organiser des rencontres entre ses élèves et leurs correspondantes au mois de juin, soit cinq mois après le début des échanges de lettres. «Ça a très bien été et c’était très beau de voir, même si c’était juste pour quelques minutes avec les règlements d’espacements qu’on devait suivre.» 

Puisque l’année scolaire s’est terminée en juin, les élèves n’avaient aucune obligation de continuer à écrire à leurs correspondantes au fil de l’été. «Je leur ai dit qu’ils avaient toujours l’option de se garder en communication et il y a quelques-uns qui le font encore.»