Préserver son identité et ses intérêts à l’intérieur d’une grande ville

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur
Le combat constant de Coniston

Les résidents de Coniston ont dû contrer une constante diminution de leur influence sur leur propre communauté au fil des ans. Après deux fusions, la petite communauté de 2000 âmes doit trouver des façons différentes de se faire entendre auprès des élus du Grand Sudbury.

Située en bordure de la route transcanadienne 17, Coniston a été fondée il y a plus de 100 ans, à une époque où les agriculteurs voulaient s’installer dans la région pour ensuite défricher de nouvelles terres fertiles. Avec l’arrivée de trois chemins de fer et le développement de l’industrie minière, le village est vite devenu une jonction pour le commerce.

Comme la trentaine d’autres villages et quartiers qui forment le Grand Sudbury, les résidents de Coniston ne sont plus directement maitres de leur propre destin, du moins lorsqu’il s’agit de décisions prises par le conseil municipal.

L’impact des fusions

Les résidents de Consiton ont vécu deux fusions avec des municipalités en périphérie. En 1973, la Ville de Nickel Centre a été établie en jumelant la communauté avec Boland’s Bay, Falconbridge, Garson, Skead et Wahnapitae. La deuxième lors de la création de la Ville du Grand Sudbury en 2001. Pour certains, il s’agissait d’une perte d’influence à la table de décision.

«Malgré qu’il y avait quelques sentiments de détachement par rapport à la perte de contrôle [des décisions] en 1973, c’est vraiment en 2001 que la division a été plus marquante», souligne un historien de Coniston, Jason Marcon. «Coniston avait déjà son propre conseiller avant la dissolution du conseil municipal de Nickel Centre — ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a des gens qui sentent que leurs voix ne sont plus entendues.»

Les résidents de Coniston tiennent à leur identité et à l’avenir de leur communauté. Le regroupement d’action communautaire a donc été créé pour aider à renseigner les élus du Grand Sudbury sur les enjeux qui sont omniprésents dans ce secteur de la ville.

«Coniston est une communauté qui existe [depuis longtemps] et nous devons être respectés. Nous avons droit aux mêmes services et à tout ce que les autres petites communautés ont. Nous ne devons pas être perdus dans la grande Ville de Sudbury», affirme le président du Réseau d’action communautaire, Stephen Gauvreau.

«Je fais certain de leur dire que nous sommes là et que nous n’allons pas nous faire tasser. S’il y a des tâches ou des projets qui doivent être faits, qu’elles soient faites. En étant un francophone, je vérifie aussi si les affiches de la ville sont bien écrites».

L’église Notre-Dame-de-la-Merci de Coniston

Francophonie

Les francophones, qui représentent aujourd’hui un peu plus du quart de la population de Coniston, ont contribué à son épanouissement. Depuis ses débuts modestes, la communauté a eu plusieurs institutions essentielles pour faire rayonner la francophonie.

«Les francophones ont toujours été présents à Coniston. Ça fait très longtemps qu’ils sont ici», explique M. Gauvreau.

«Autour de 1913, l’église Notre-Dame-de-la-Merci a été fondée. Il y avait également l’école bilingue — Notre-Dame-de-la-Merci et Our Lady of Mercy — qui a été construite par la compagnie minière Inco. Avec ces deux gros évènements marquants, pas longtemps après, on a eu la fondation de la Caisse Populaire Roussel — hommage au premier curé de Coniston», poursuit-il.

«Il y avait aussi des clubs [francophones] à l’époque qui étaient associés à l’église, soit les dames de la paroisse [Filles d’Isabelle] et les Chevaliers de Colomb. Aujourd’hui, les francophones sont membres de plusieurs autres clubs et organisations, dont le Club des Lions».

Le monument du Club des Lions de Coniston