Un premier pas vers des services en français à Greenstone?

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur

Greenstone pourrait bientôt franchir une étape importante pour l’offre de certains services en français. Le réaménagement du site web de la municipalité pourrait avoir une fonction de traduction instantanée et, en principe, répondre à des besoins de la communauté franco-ontarienne.

Depuis déjà quelques années, un regroupement de francophones de Greenstone — mené par Robert Gélineault — réclame une désignation partielle de la municipalité. Un peu plus de 80 signataires d’une pétition déposée au conseil municipal en 2018 ont indiqué vouloir se faire servir dans leur langue.

La majorité des élus ont préféré attendre et étudier la question en profondeur avant de se prononcer sur une politique de bilinguisme. Le maire de Greenstone, Rénald Beaulieu, croit néanmoins que la traduction du site web est un premier pas dans la bonne direction pour faire progresser les enjeux francophones dans la municipalité.

«Il y a eu une demande d’un groupe à la municipalité pour que Greenstone devienne officiellement bilingue — pas nécessairement complètement bilingue sur la traduction des politiques, mais de le faire à mesure», indique M. Beaulieu.

«La majorité [du conseil municipal] n’est pas vraiment francophone à ce moment ici. On est allé chercher plus d’informations et on va en reparler sur notre liste d’actions pour le mois de septembre», précise-t-il.

«Avec le nouveau site, c’est censé avoir un mécanisme qui va pouvoir prendre une politique en anglais et la traduire automatiquement. Est-ce que c’est ça qui va arriver exactement et que ça va être traduit à la perfection? Je peux ne pas te le dire. Mais on regarde autre chose.»

Contrer le sentiment de gêne

Les francophones en situation minoritaire n’ont pas nécessairement les mêmes opportunités que d’autres lorsqu’il s’agit d’obtenir des services dans leur langue. Plutôt que de se battre, parfois, certains se contentent de remplir un formulaire dans la langue de Shakespeare plutôt que celle de Molière. 

«Je suis francophone et j’ai vécu ici toute ma vie. Lorsque j’ai été maire en 1987-1988, j’ai officiellement déclaré Longlac une municipalité bilingue», rappelle Rénald Beaulieu.

Les francophones auront tout de même des recours pour améliorer la situation en ce qui concerne le manque de services.

«Si les gens sont mécontents, une façon de l’adresser est qu’il y a un système de plaintes qui peut être envoyé par écrit à la personne responsable de la municipalité. Ça va revenir à l’attention du conseil. On a un rapport là-dessus et puis ça peut être adressé de cette façon.»

Un peu plus du tiers de la population de Greenstone a le français comme première ou deuxième langue. Elle fait aussi partie des quatre municipalités du district de Thunder Bay qui ont une désignation sous la Loi sur les services en français de la province.