Un nouveau parti veut changer les règles du jeu

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
Le Parti consensus veut se tailler une place en politique fédérale et provinciale

Le Parti consensus veut briser le modèle de gestion et de gouvernance des partis politiques habituellement au pouvoir au Canada et en Ontario. Sans ligne de parti, sans chef décidé à l’avance, chaque député élu aurait la tâche de consulter la population de sa circonscription sur les questions présentées en chambre et déterminer son vote. L’organisation politique cherche présentement des candidats pour le Nord de l’Ontario.

Le directeur du jeune parti, Brad Harness, a créé le Parti consensus pour représenter les vœux de la population d’une manière alternative. Les idées proposées par le Parti consensus vont à l’encontre des traditions des grands partis politiques, avançant que les chefs et leurs députés priorisent les projets du parti qu’ils représentent au lieu des intérêts de sa circonscription. «Ils font des party pet projects», illustre-t-il.  

Selon M. Harness, son plan facilitera les décisions des électeurs, où l’électeur aura juste à s’inquiéter des candidats et non des complexités des partis. Il donne comme exemple un candidat apprécié dans sa circonscription, mais dont le chef est moins aimé, ou l’inverse.

Le groupe consensus ne s’identifie pas à l’échelle qu’on utilise pour mesurer les intérêts généraux des partis. Il n’est pas à «gauche», à «droite», ou au «milieu». Les députés formuleraient leurs propres opinions, idées et suggestions à porter au gouvernement basé sur leurs interactions avec la population de leur circonscription.  

M. Harness argumente qu’un grand défaut du système de partis politiques, c’est qu’un changement de pouvoir entraine souvent l’annulation de certaines initiatives mises en place pour le plus récent gouvernement. Il perçoit ce va-et-vient comme un gaspillage de temps et de fonds publics, un problème qu’il croit n’aura pas lieu dans un gouvernement de consensus.

Au cas où ils gagnent…

S’il obtient le pouvoir, le Parti consensus changerait les lois pour éliminer les partis politiques. À leur place, après une élection, les députés se rencontreraient pour une session inaugurale. Chaque député aurait la chance de donner sa candidature pour les postes de premier ministre, de ministres du cabinet, de président et de vice-président de la Chambre. Ces rôles seraient alors accordés par un vote des députés.

Par la suite, le premier ministre et le cabinet élu formeraient le gouvernement et tous les autres députés formeraient l’opposition.

Le Parti consensus veut l’égalité dans toutes les facettes du gouvernement. «La beauté du gouvernement Consensus est que le gouvernement ne peut rien faire sans un appui suffisant de l’opposition, ce qui veut dire qu’un consensus doit être atteint», précise M. Harness sur le site web du Parti consensus Ontario.

Il ajoute que le système de consensus n’est rien de nouveau au Canada. «Les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut le faisaient, mais ils ont malheureusement été convaincus de passer à un système de partis», affirme-t-il.

Ce genre de système se rapproche aussi de la politique municipale, où très peu de villes ont des partis politiques.

«Le gouvernement de consensus […] offre des solutions aux choses que les gens m’ont dit qu’ils n’aiment pas dans notre système actuel», affirme Brad Harness

Le Parti consensus a présenté quelques candidats lors des élections provinciales de 2018. M. Harness s’est présenté dans London-Ouest.

Le Parti consensus tente présentement d’obtenir le statut de parti pour se présenter aux prochaines élections fédérales et provinciales en Ontario. Ils sont présentement à la recherche de députés pour les représenter dans les circonscriptions du Nord, y compris Sudbury.

Plus d’information sur les intentions du Parti consensus est disponible sur les sites consensusontario.ca et consensuscanada.ca.