L’ancien maire Joe Mavrinac lors de l’installation de l’affiche à son nom devant le complexe sportif de Kirkland Lake.
L’ancien maire Joe Mavrinac lors de l’installation de l’affiche à son nom devant le complexe sportif de Kirkland Lake.

Un changement de nom controversé… qui n’en est pas un

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur
Réaction trop rapide sur les médias sociaux pour une possible changement de nom du Complexe Joe Mavrinac de Kirkland Lake

Les intentions du conseil municipal de Kirkland Lake semblent avoir été déformées sur les réseaux sociaux. Alors que les internautes s’offusquaient sur Facebook que le conseil désire retirer le nom de Joe Mavrinac au complexe sportif de la municipalité, les élus affirment que ce n’est pas l’intention de la proposition présentée.

Vers la fin de 2019, le personnel de la ville a été chargé d’examiner la possibilité de vendre les droits de nom d’une section du centre récréatif — question de générer des revenus qui pourraient ensuite servir à financer ses activités. Le message n’a pas été entièrement saisi par la population et plusieurs ont senti le besoin de sonner l’alarme.

La fille de l’ancien maire Mavrinac et ancienne résidente de Kirkland Lake, Mary Ann Mavrinac, s’est adressée virtuellement aux élus municipaux pour faire connaitre ses préoccupations. Elle avait entre autres de la difficulté à comprendre pourquoi le nom de son père — qui orne le mur et les affiches de ce complexe communautaire depuis 2000 — avait soudainement été enlevé du site web et de certains documents.

D’autre part, Mme Mavrinac croyait qu’une plaque commémorative à l’intérieur de l’aréna faisait référence à une résolution qui aurait en principe été approuvée par les élus de l’époque.

Pour le conseiller Casey Owens, il s’agit d’une situation regrettable que ses collègues et lui veulent résoudre au plus vite. «La question par rapport à la légitimité du nom a été soulevée parce qu’il n’y a toujours pas d’arrêté municipal qui officiellement nomme l’édifice Joe Mavrinac. On essaie d’être transparent, alors on a besoin d’un document quelque part qui dit que c’est ça officiellement le nom», explique M. Owens.

«Pour une raison ou une autre, lorsqu’ils [le personnel] ont ajouté la piscine, ils n’ont pas conservé l’affiche Joe Mavrinac. Une nouvelle affiche n’était pas dans le budget, alors c’est cette question qui nous est venue l’année dernière pour remettre l’affiche sur l’édifice», poursuit-il.

«Il faut être clair qu’il n’y aura pas de changement de nom du complexe sportif. Ce n’est pas le désir de ce conseil municipal de changer le nom au complexe sportif de Kirkland Lake.»

Une possible solution québécoise

Les élus de Kirkland Lake pourraient bien s’inspirer de leurs voisins québécois pour mettre fin à cette mini saga et présenter une solution qui sera mutuellement bénéfique pour les contribuables et la famille Mavrinac. La patinoire des Huskies de Rouyn-Noranda — le centre Dave Keon — est commanditée par une compagnie minière, mais retient toujours sa dénomination originale.

«J’ai grandi à Rouyn-Noranda et [le centre] Dave Keon a été nommé pour un [ancien] joueur de [de la Ligue nationale de hockey]. L’aréna comme tel a été renommé l’aréna IamGold, mais l’édifice porte toujours le nom Dave Keon. Comme ça, on honore l’histoire, mais en allant chercher des revenus pour la ville», soutient M. Owens.

«On est une petite municipalité et on a un centre aquatique incroyable. Dans le Nord de l’Ontario, je ne crois pas qu’elle ne peut être matchée par aucune autre municipalité. Mais il faut la payer. On ne va [probablement] jamais rentabiliser l’édifice, mais il faut [au moins] aller chercher des revenus supplémentaires», avance le conseiller Owens.

Un rapport sur la question sera dévoilé lors d’une réunion du conseil de ville d’ici quelques semaines. Le complexe communautaire de Kirkland Lake a été inauguré en 1979.

Le Complexe Joe Mavrinac