Sans-abrisme : à la recherche de solutions

Le conseil municipal a écouté une vingtaine d’intervenants lors d’une réunion publique

Les problèmes sont connus des organismes, leurs origines, les besoins aussi. Pourtant, les solutions tardent à venir pour les sans-abris du Grand Sudbury. Le conseil municipal a tenu la première de deux rencontres spéciales le 27 janvier pour entendre les recommandations des nombreux organismes et bénévoles qui interagissent et aident les moins fortunés.

Stuart Donaldson, lui-même sans-abri, a été le seul à demander une meilleure éducation du grand public. À son avis, la situation ne sera jamais réglée si la population mieux nantie ne comprend pas que les causes ne sont pas aussi simples qu’elle le croit. «Je suis sans-abri à cause de la COVID-19. Je n’ai pas de problème de consommation ou autre», lance-t-il. 

Les intervenants se sont succédé pendant plus de trois heures pour présenter des témoignages, des états des lieux, des données, des recommandations ou des suggestions de solutions. 

Le constat le plus courant ne surprend pas : il n’y a pas assez de logements abordables ou de logements de transition. 

Le directeur du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, qui gère depuis plusieurs années un service d’accès aux logements, illustre qu’en mars 2019, il y avait 50 logements de disponibles, dont 10 à moins de 700 $ par mois. Aujourd’hui, dit Denis Constantineau, c’est 7 unités, dont une seule à moins de 700 $. Malgré cela, la liste d’attente s’allonge et 65 % des demandeurs abandonnent les démarches pour trouver un logement, découragés par la paperasse.

Autre statistique inquiétante : la population de sans-abris du Grand Sudbury compterait 42 % de membres des Premières Nations, alors qu’ils composent seulement 9 % de la population de la ville.

La directrice du Centre du Samaritain, Lisa Long, dit voir le désespoir augmenter exponentiellement chez les bénéficiaires. Le sans-abrisme est «une expérience qu’une personne vit, pas ce qui la définit», dit-elle pour appuyer les propos de Sturat Donaldson. Pour elle, le logement et le salaire sont les fondations de la solution.

Justement, plusieurs ont signalé que les subventions pour le logement — déjà difficile à obtenir — ou les allocations gouvernementales n’ont pas augmenté depuis des années alors que les couts des loyers dans le Grand Sudbury ont grimpé de façon alarmante.

Ajouter à toutes ces difficultés de plus en plus de propriétaires qui refusent de louer aux moins fortunées. Encore ici, les raisons peuvent varier : racismes, mauvaises expériences passées, etc. «Plusieurs propriétaires ne voient pas des personnes devant eux, seulement un morceau de papier», illustre la directrice de Cedar Place, Ashley Grant.

Parmi les solutions, on suggère de mieux consulter les sans-abris eux-mêmes sur leurs besoins, mettre en place plus recommandations du rapport Examen du Système des refuges d’urgence dans le Grand Sudbury : Rapport de recommandations, 2 février 2019, déclarer un état d’urgence de santé publique pour la crise des opioïdes, arrêter l’installation d’équipements hostiles aux sans-abris dans le centre-ville, plus de toilettes publiques dans le centre-ville…

Joël Boivin et Cynthia Eyre, qui participaient en tant que citoyens, avaient une solution similaire : construire des petites habitations peu dispendieuses préfabriquées ou à partir de conteneurs.

Il y aura une deuxième consultation publique le 28 janvier, cette fois pour donner la parole à ceux qui ont besoin des services.