Pierre Bélanger est au sommet de son art en tant que président de l’Institut des politiques du Nord.
Pierre Bélanger est au sommet de son art en tant que président de l’Institut des politiques du Nord.

Pierre Bélanger au sommet de sa carrière 

Il siège au poste «auquel il a toujours rêvé»

Plusieurs le connaissent en tant que fondateur et propriétaire de la ferme Bison du Nord, une entreprise florissante d’Earlton. D’autres suivent son parcours dans le domaine des affaires depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, Pierre Bélanger siège au poste «auquel il a toujours rêvé» : il préside le conseil d’administration de l’Institut des politiques du Nord.

«L’Institut devait avoir une réunion face à face sur l’ile Manitoulin, mais c’est annulé à cause du coronavirus. C’est un défi de travailler différemment, mais ça permet au meilleur de ce qu’on a en nous de se manifester. On voit se transformer le secteur des communications», affirme d’emblée le gestionnaire d’expérience.

Malgré son éternel optimisme, Pierre Bélanger reconnait que le face-à-face va lui manquer durant la crise. Il aime dire à celui ou celle qui a une bonne idée : «Rencontrons-nous, dinons ensemble pour en discuter.»

Comme président de l’Institut des politiques du Nord, Pierre est de ceux qui choisissent d’aller rencontrer les gens chez eux. «C’est trop facile de penser que l’on connait les besoins des autres.»

«J’ai fait partie du groupe qui a poussé pour la mise sur pied d’un institut de développement durable dans le Nord de l’Ontario», affirme M. Bélanger. «Ce n’est pas l’engagement émotif qui manquait : il y avait déjà un sentiment de fierté, on se voyait comme des apôtres du Nord.»

Mais pour parler de développement, il faut des preuves mesurables. «Quand on documente, on voit où on s’en va! Il manquait des données de qui nous sommes.»

C’est ainsi qu’est né l’Institut des politiques du Nord, un groupe de réflexion indépendant qui développe et encourage la recherche, établit des preuves concrètes et suscite des occasions politiques pour soutenir la croissance du Nord de l’Ontario. Le travail de l’Institut se divise en six domaines politiques majeurs : peuples autochtones, collectivités, démographie, économie, environnement et infrastructure.

Un aboutissement professionnel 

«De tous les postes où j’ai siégé, c’est le plus significatif et c’est celui dont j’ai toujours rêvé. Je suis bien heureux des résultats qui découlent des activités de l’Institut!» poursuit-il.

La présidence du conseil d’administration est en quelque sorte un aboutissement de ce qui l’habite depuis le début de sa carrière. Ses études en sociologie, à l’âge de 20 ans, témoignaient déjà de sa fascination pour les tendances humaines.

Citons quelques exemples de la vie de Pierre qui en font foi : dans les années 1970, il a contribué au développement d’institutions culturelles franco-ontariennes de grande envergure, comme le Théâtre du Nouvel-Ontario et la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario (CANO).

Cette dernière visait précisément à valoriser l’identité artistique et culturelle des gens du Nord dans chacune des communautés. Le regroupement d’artistes était irrévérencieux à souhait pour briser l’immobilisme de l’époque. Ce sans-peur, Pierre l’a conservé toute sa vie.

Une perspective globale et régionaliste

Le fait d’armes qui a été un point décisif dans la vie de Pierre demeure ses 13 ans de lutte contre le dépotoir de la mine Adams. Les déchets en provenance de Toronto risquaient de polluer la nappe phréatique de tout le bassin versant sud du Témiskaming et de condamner la vallée agricole.

Les adversaires : certains actionnaires dans le projet, comme la ville de Toronto, le gouvernement provincial et un géant de l’industrie des déchets. Un autre cas de David contre Goliath. «J’étais le porte-parole et notre groupe, se rappelle Pierre. J’ai fait des débats à Toronto, en Alberta… J’ai fait des présentations devant le Sénat et un comité de la Chambre des communes.»

Des enjeux personnels pesaient aussi dans la balance. Comme commerçant, il s’était demandé «est-ce que je sacrifie mon avantage économique pour un principe que j’avais à 20 ans?»

Lors de son passage à la Société de développement du Nord de l’Ontario, M. Bélanger a pris la pleine mesure de sa capacité à discerner les tendances. C’est dans les moments de crise qu’il est à son meilleur.

«Avec une masse de données, je réussis à créer une image dans l’esprit des gens. On tisse les renseignements pour en faire une histoire et extrapoler sur ce que ça va vouloir dire dans 20 ans, explique-t-il. Ceux qui m’apprécient disent que j’ai des habiletés comme vulgarisateur : je peux prendre une situation complexe, rassembler les faits et en faire une narration.»

En tant président de l’Institut des politiques du Nord, Pierre Bélanger apporte cette perspective globale, mais également un point de vue régionaliste. «Je suis un prêcheur de la régionalisation. J’ai participé à la vie provinciale et nationale, mais je n’ai jamais pensé à déménager dans le Sud.»