Libéraux promettent aussi des millions pour le postsecondaire en milieu minoritaire

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Lors d’une conférence de presse tenue le 31 aout à l’Université de Sudbury, le premier ministre sortant et chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a annoncé qu’un gouvernement libéral réélu fournira annuellement 90 millions $ pour soutenir les institutions postsecondaires en milieu linguistique minoritaire. 

«On va être là chaque année pour s’assurer qu’on a des institutions fortes, parce que vos enfants méritent d’avoir une université ici, francophone, pour pouvoir continuer leur vie dans cette belle partie du pays. On va toujours être là pour la communauté francophone», dit-il devant une foule de journalistes sur le campus de l’UdeS. 

Cette annonce suit l’affirmation du chef du parti néodémocrate (NPD), Jagmeet Singh, le 28 aout. Il s’est dit en désaccord de transférer les programmes francophones de l’Université Laurentienne à l’Université de Sudbury.

Les candidats conservateurs de Sudbury et Nickel Belt, Ian Symington et Charles Humphrey, ont rapidement réitéré lundi la promesse conservatrice de fournir 30 millions $ par année.

Tracer la ligne entre Trudeau et O’Toole

Le discours de Justin Trudeau a rapidement pris des allures électoralistes. Il a voulu répéter pourquoi des élections étaient nécessaires. «Le choix, ça se fait maintenant, pas dans un an ou deux ans. On a besoin d’élections maintenant pour que les gens puissent se faire entendre sur leurs choix pour notre avenir.»

Le premier ministre a également parlé des manifestants antivaccins que l’on pouvait entendre hurler tout au long de sa conférence de presse. «Le monde là-bas qui hurlent, les antivaccins, ils n’ont pas raison. Ils se trompent sur comment on va sortir de cette pandémie. Ils mettent en danger leurs propres enfants et nos propres enfants également. […] La façon qu’on va en finir, c’est avec la vaccination. […] On sait que la grande majorité des gens ont fait leur part, ont assumé leurs responsabilités. […] La science est claire. […] Nous devons continuer à faire ce qui est nécessaire pour protéger nos enfants», dit-il. 

Les manifestants, surtout en colère contre les mesures sanitaires et la vaccination, suivent le chef libéral dans tous ses déplacements au pays depuis le début de la campagne. «Je ne vais pas reculer, peu importe le nombre de personnes qui se présentent pour essayer de nous faire taire», dit-il. 

Les manifestants ont scandé des slogans anti-Trudeau tout au long de la conférence de presse.

Il a aussi associé les antivaccins au chef du parti conservateur, Erin O’Toole. «Vous devez condamner ces gens!», demande-t-il au chef conservateur. 

Le premier ministre a pris le temps d’expliquer que le pays en entier est en train de suivre un plan de passeports vaccinaux. «Nous allons travailler avec les provinces et les territoires qui veulent aller de l’avant en travaillant sur les certifications des vaccins — sur les passeports vaccinaux. »

M. Trudeau a aussi pris le temps d’exprimer sa colère et son désaccord contre les propositions des conservateurs. «On est souvent déçus des conservateurs ces jours-ci. […] Que ce soit Doug Ford, à qui il a fallu qu’on force, à bras de fer, quasiment, pour qu’il renverse sa décision sur l’université francophone en Ontario», dit-il. Le premier ministre parle ici de la décision du gouvernement Ford en 2019 d’annuler le financement pour l’Université de l’Ontario français en citant des «contraintes financières». Le financement a éventuellement été r.instauré après des négociations avec le gouvernement fédéral. 

Il s’est aussi attaqué à la vision de la santé qu’il attribue aux conservateurs.  «Nous continuerons d’être là pour vous malgré le fait qu’Erin O’Toole parle de soins de santé privés. Il parle du fait que les riches devraient avoir le choix de payer pour les soins de santé afin qu’ils puissent aller de l’avant. Cela conduirait à un évidement inévitable de notre système de santé universel, le transformerait en un système à deux vitesses, où les riches ont plus de privilèges que tout le monde et la qualité des soins de santé sera en déclin. C’est une chose contre laquelle nous nous sommes toujours battus en tant que pays», explique-t-il. 

Il a finalement abordé le changement climatique et l’environnement. «Erin O’Toole, eh bien, il pense que les cibles Harper et le plan Harper étaient assez bons. Il veut nous ramener là où nous étions il y a 6 ans et ne même pas reconnaitre l’intensité de la crise climatique en ce moment. Honte à vous, Erin O’Toole. […] Je sais que les Canadiens veulent aller de l’avant.»