Les néodémocrates donneraient les programmes en français à l’Université de Sudbury

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
La cheffe Andrea Horwath confirme la position de son caucus pendant une tournée nord-ontarienne.

Un gouvernement néodémocrate ontarien entamerait immédiatement les démarches pour transférer les programmes en français de l’Université Laurentienne vers l’Université de Sudbury. Flanquée de trois députés du Nord de l’Ontario, la cheffe Andrea Horwath a fait cette affirmation au centre étudiants de la Laurentienne ce matin. Elle a aussi critiqué l’inaction de Doug Ford dans le dossier.

À 8 mois de la campagne électorale provinciale, Andrea Horwath est en tournée dans le Nord de l’Ontario. Son arrêt à Sudbury portait principalement sur la situation de l’Université Laurentienne. Elle a rencontré des gens affectés par les pertes d’emplois et de programmes.

Le caucus néodémocrate a déjà pris sa décision : s’ils sont élus au gouvernement, le transfert de programmes en français aura lieu. Le quand et le comment devra être négocié, mais Andrea Horwath dit vouloir le faire en collaboration avec la communauté francophone, insistant sur l’aspect «par et pour». 

La cheffe du Nouveau parti démocratique de l’Ontario, Andrea Horwath

Selon elle, le gouvernement du Doug Ford aurait pu et pourrait intervenir pour aider la Laurentienne malgré le processus judiciaire de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. «Quand vient le temps de faire quelque chose que les amis de Doug Ford veulent, il est là. Pour Sudbury ou l’Université Laurentienne, impossible de le trouver.»

Pour le professeur émérite de commerce de la Laurentienne, Jean-Charles Cachon, les décisions ont provoqué un «retour en arrière de 60 ans» pour la communauté francophone. Surtout en ce qui a trait à la formation d’enseignants pour le secondaire. Ceux qui aimeraient enseigner en 11e et 12e année doivent maintenant aller à Ottawa. 

Le professeur, qui était aussi le trésorier de l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne, précise que lorsque lui et ses collègues ont fait sonner l’alarme sur l'hécatombe à venir à la Laurentienne, seuls les néodémocrates — provinciaux et fédéraux — se sont vraiment intéressés et inquiétés de la situation.

Le professeur émérite de commerce de la Laurentienne, Jean-Charles Cachon

Aussi bien M. Cachon que le député de Sudbury Jamie West avancent que le manque d’option à la Laurentienne va causer une exode des cerveaux du Nord de l’Ontario. De plus, M. West avance que l'éducation est la façon d’accéder à un meilleur revenu, pour autant qu’elle soit accessible.

Andrea Howarth affirme que les néodémocrates chercheront à la fois à améliorer le niveau d’investissement dans l’éducation postsecondaire et diminuer le fardeau des étudiants. «Les étudiants terminent leurs études postsecondaire avec une dette de la même taille qu’une hypothèque. Ils retardent toutes sortes de choix et de plans de vie», dit-elle.