La plupart des petits OBNL n’ont pas bénéficié de l’aide gouvernementale

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Un sondage révèle que les plus petits organismes à but non lucratif de la francophonie ontarienne ont plus souffert que les plus grands. Cette donnée a été obtenue par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et l’Ontario Nonprofit Network (ONN), qui ont mené un sondage auprès des organismes à but non lucratif (OBNL) de l’Ontario pour connaitre les effets de la pandémie.

Le sondage a été mené par Community Researchers du 17 mai au 4 juin. Il a été rempli par 2983 répondants, dont 9 % se trouvent dans le Nord. Les résultats ont été dévoilés le 19 juillet.

Selon le sondage, il y a seulement une minorité d’OBNL qui ont bénéficié des mesures d’aide d’urgence du gouvernement, notamment par l’entremise de la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) et du Fonds d’urgence pour l’appui communautaire, dont 37 % et 23 % des organismes en ont bénéficié, respectivement. 

La majorité a eu besoin d’une aide financière : la moitié ont signalé des pertes de revenus liées à la pandémie tandis que deux sur trois ont signalé une augmentation de la demande de services et programmes. Cependant, les statistiques démontrent que les grands organismes ont bénéficié de programmes destinés aux employeurs de tous les secteurs, tandis que petits organismes et ceux sans personnel rémunéré ont été laissés dans la poussière. 

Une bonne nouvelle dans tout cela est que la plupart n’ont pas eu à contracter de prêt pour survivre. Plus de 65 % des répondants n’ont pas contracté de prêts financiers, tandis que 13 % ont contracté un prêt «juste au cas où», mais ne l’ont pas utilisé. La majorité des OBNL ayant obtenu un prêt n’ont pris qu’entre 25 000 $ et 100 000 $. 

Sentiments de frustration et d’abandon 

L’enquête révèle également que la plupart des répondants disent que la province n’a pas communiqué de manière adéquate les critères d’aide gouvernementale, ce qui fait qu’un OBNL sur vingt seulement a accédé à la Subvention ontarienne pour le soutien aux petites entreprises. Le raisonnement derrière cette accusation est que, contrairement aux mesures de soutien du gouvernement fédéral, qui ciblaient clairement à la fois les entreprises et les OBNL dans leurs communications, les soutiens de la province aux employeurs ont systématiquement exclu les OBNL dans leurs communications. 

Le résultat est une grande frustration pour beaucoup de gens qui se demandent : 1- «Comment puis-je accéder à cet argent si je ne le connais pas?» et 2- «Comment la province peut-elle dire que c’est pour les entreprises et les OBNL, mais ensuite nous laisser de côté?».

On indique également que les OBNL ont un grand besoin de personnel. Ils ont perdu 61 % de leurs bénévoles depuis le début de la pandémie. 

Les francophones bien considérés

Il y a des zones de lumières. Près d’un OBNL francophone sur cinq a reçu du financement via le Fonds de secours du gouvernement de l’Ontario pour les organismes à but non lucratif francophones, une statistique plus élevée que la moyenne provinciale sur les OBNL qui ont eu accès à la Subvention ontarienne pour le soutien aux petites entreprises et le Fonds d’aide et de relance régionale. 

Beaucoup de recommandations

À la fin du rapport de 20 pages, il y a quatre recommandations pour soutenir les OBNL de l’Ontario. La première est d’offrir une nouvelle série de subventions uniquement pour les petites entreprises et les OBNL; la deuxième est d’appliquer une lentille d’équité aux efforts de relance; la troisième est de soutenir une reprise durable et équitable en investissant dans l’économie à faible émission de carbone et majoritairement féminine et, finalement; investir dans le développement de la main-d’œuvre et de l’infrastructure numérique pour soutenir la prestation de services à but non lucratif.