Le directeur, la mairesse et la secrétaire de Rivière des Français pendant un conseil municipal.
Le directeur, la mairesse et la secrétaire de Rivière des Français pendant un conseil municipal.

Démocratie et limites technologiques

Éric Boutilier
Éric Boutilier
Le Voyageur
Nipissing Ouest, Rivière des Français et Smooth Rock Falls

Depuis maintenant plus de deux mois, les réunions des conseils municipaux sont effectuées par vidéoconférence, au téléphone ou par une combinaison de ces deux moyens. C’est entre autres le cas à Rivière des Français, Nipissing Ouest et Smooth Rock Falls. Si la majorité est satisfaite, le plus gros défi reste la participation des résidents à la démocratie locale.

L’un des plus gros freins aux vidéoconférences ouvertes est l’infrastructure de télécommunications. C’est un fait bien connu que ce n’est pas tous les coins habités du Nord de l’Ontario qui sont bien desservis.

Justement, les dernières rencontres du conseil municipal de Nipissing Ouest ont été perturbées par des problèmes techniques. Les élus et le personnel de la municipalité ont dû récemment reporter des discussions ou l’adoption de résolutions en raison de lignes téléphoniques qui coupent à plusieurs reprises.

Du côté de la Rivière des Français, le réseau internet n’est pas assez puissant pour soutenir une vidéoconférence avec tous les membres du conseil municipal, donc les réunions se déroulent avec la mairesse, le directeur et la secrétaire dans une salle de conférence et les conseillers municipaux au téléphone.

«On a établi des processus pour déterminer comment nous allons jaser et comment nous pouvons inclure le public. Ça semble marcher très bien, mais le problème c’est au niveau de l’interaction entre les conseillers et les employés. Le commis ou le directeur d’un département doivent faire leur présentation avant que je demande à chaque conseiller [un par un] s’ils ont des questions ou des commentaires. Malheureusement, on ne peut pas vraiment permettre des discussions spontanées», rapporte la mairesse, Gisèle Pageau.

«Au niveau du public, on ne peut pas ouvrir la discussion avec eux. Par contre, le vendredi avant la réunion, on leur donne une copie des rapports et de l’ordre du jour. On les invite ensuite à envoyer leurs questions avant la réunion, mais ils peuvent aussi nous en envoyer après».

Les réunions du conseil municipal de la Rivière des Français sont tout de même enregistrées et diffusées sur la page Facebook de la municipalité. Elles suscitent l’intérêt d’un nombre grandissant de résidents, souligne la mairesse, avec de 400 à 1200 vues sur Facebook.

À Smooth Rock Falls, la ville semble avoir résolu la plupart de ses défis en matière de technologie. Les élus se sont familiarisés avec les outils à leur disposition et ils sont en mesure de débattre et d’aborder les enjeux de leur communauté.

«Nous avons fait tout ça à travers le logiciel Zoom. On est tous à la maison et ça marche très bien. On voit la personne qui parle. Les réunions procèdent comme si elles étaient en temps normal — sauf qu’on est à distance», indique le maire de Smooth Rock Falls, Michel Arseneault.

«Au commencement, comme n’importe quoi, quand on essaie quelque chose de nouveau, on a eu des défis. Par exemple, on ne savait pas comment faire pour que le public puisse participer à notre première réunion. Il y en a qui ont été capables de participer et il y en a d’autres qui n’ont pas été capables. Ce problème a depuis été résolu», souligne-t-il.

«Présentement, presque tout le personnel travaille de la maison et il n’y a que deux personnes au bureau. Il va falloir qu’on fasse des modifications à notre bureau pour pouvoir revenir à la normale. On va commencer à travailler là-dessus, mais ça pourrait prendre un peu de temps encore avant que ça se réalise».