Dans l’arène : la technologie

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local - Le Droit
Chronique politique de Queen's Park

Dure, dure, la technologie

La personne à la tête de la lutte contre la COVID-19 en Ontario ne peut pas télécharger de documents parce qu’il utilise encore un Blackberry.

Contexte : Doug Ford a dû se placer en isolement préventif à domicile parce qu’un membre de son équipe a reçu un résultat positif à son test de dépistage de la COVID-19, mardi. Le test du premier ministre s’est révélé négatif. 

Ainsi, M. Ford, qui travaille de son bureau à Queen’s Park depuis le début de la pandémie, a dû s’adapter au télétravail. 

Un récent rapport du Toronto Star faisait état des difficultés du premier ministre face à la technologie. «Mercredi, le bureau de Ford s’efforçait de lui trouver un ordinateur portable et de lui apprendre à l’utiliser. Alors qu’il s’est habitué à organiser des réunions à distance via Zoom et Microsoft Teams depuis son bureau de Queen’s Park cette année, il y bénéficie d’un support technique.»

Selon l’article, Doug Ford utilise encore un téléphone BlackBerry classique pour les appels, les textos et les courriels, mais l’appareil serait si ancien que le téléchargement de pièces jointes est compliqué. Il serait tellement habitué à son téléphone vintage qu’il en aurait une pile chez lui.

«Cela me rappelle comment Rob Ford [le feu frère de Doug, ex-maire de Toronto] n’a jamais utilisé son ordinateur de maire et utilisait l’écran comme un endroit pour coller des post-it», a noté le journaliste David Hains.

À la défense des vieux hommes blancs privilégiés

Depuis quelques semaines, les politiciens à Queen’s Park ont dû débattre à propos de changements que veut apporter le gouvernement Ford sur la loi électorale de l’Ontario. 

L’un des items ayant semé la controverse : la possible hausse à 3300 $ de la limite des contributions financières que peuvent offrir les donateurs aux campagnes électorales. 

En chambre, la néo-démocrate France Gélinas a notamment souligné que personne n’a besoin de recevoir autant d’argent, que ce n’est pas une demande émanant de la population ontarienne et qu’une telle hausse ne sera bénéfique que pour les «vieux hommes blancs privilégiés».

Son argument étant que plusieurs candidats provenant de milieux plus défavorisés, souvent dans des circonscriptions où la démographie est plus multiculturelle que dans les lieux plus nantis, seraient désavantagés par cette augmentation de la limite de dons. 

Le conservateur Rick Nicholls a demandé des excuses à la députée, jugeant qu’un tel commentaire est offensant et qu’il n’aurait jamais dû être permis en chambre. «Je défends les vieux hommes blancs privilégiés de ma circonscription et de l’ensemble de l’Ontario», a-t-il déclaré. 

Anchorman

Durant un débat portant sur le budget provincial, mardi dernier, le progressiste-conservateur Robert Bailey s’est permis de se servir de nombreuses citations amicales à l’endroit de son gouvernement pour appuyer ses propos. 

Son opposant, le néodémocrate Taras Natyshak, a profité de cette occasion pour le comparer à un personnage de fiction haut en couleur.

«Il existe un film excellent qui s’appelle Anchorman (vf : Présentateur vedette) et je pense que mon collègue incarne parfaitement le personnage de Ron Burgundy, car il pourrait lire tout ce qui lui est présenté. Je pense que nous pourrions retirer subrepticement son discours du Parti progressiste-conservateur et lui mettre un discours du NPD devant lui et il ne connaitrait même pas la différence, monsieur le président.»

Fordisme de la semaine

«Diddly-squat»

Doug Ford s’y est récemment pris à son adversaire principale à Queen’s Park, la cheffe néo-démocrate Andrea Horwath. Il n’aime pas que cette dernière le critique sur son inaction au cours de la pandémie et sur le fait qu’il n’a pas écouté les conseils de ses experts scientifiques.

«C’est ironique : ça vient d’une personne qui n’a rien fait, diddly-squat, zéro, qui est restée assise sur sa chaise», a lancé le premier ministre.