Ce que 2 milliards d’arbres ont besoin, c’est du temps

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Le gouvernement Trudeau avait annoncé à l’élection de 2019 l’ambitieuse promesse de planter 2 milliards d’arbres d’ici 2030. À ce jour, on estime que le gouvernement et ses partenaires ont semé environ 800 000 arbres. 

Le projet devait en fait démarrer cette année. À l’origine, on estimait que l’initiative allait couter environ 3,16 milliards $, mais on s’attend maintenant à dépenser presque le double pour atteindre environ 5,94 milliards $.

Ces chiffres peuvent inquiéter, mais comprendre la logistique derrière une telle opération permet de remettre les choses en perspectives.

Comprendre la logistique de la plantation d’arbres

Conservation Sudbury participe au programme 50 millions d’arbres de la province depuis «un bon bout de temps maintenant», dit une technologue en ressources en eau pour Conservation Sudbury, Jaimee Bergeron. 

Les avantages évidents pour la plante d’arbres incluent l’absorption du dioxyde de carbone, un contributeur au réchauffement climatique, ainsi que l’encouragement de la biodiversité. 

Conservation Sudbury est en contact avec des fermiers ou ceux qui possèdent de grandes propriétés. «Il y a beaucoup de champs agricoles en ce moment qui pourraient supporter de plus grandes plantations d’arbres», indique-t-elle. La commande minimum pour ce genre d’opération est de 500 arbres. 

«La plupart du temps, les agriculteurs ont le matériel nécessaire pour tout planter, alors ça va bien. On n’a pas vraiment les ressources pour les aider à semer tout ça», indique-t-elle. 

L’objectif est de semer 50 000 arbres dans la région annuellement. Conservation Sudbury en est à 48 000 arbres semés cette année. 

Conservation Sudbury fournit principalement des semis de qualité aux agriculteurs. Ils doivent généralement payer environ 0,20 $ à 0,30 $ par arbre. Un prix sous le cout normal de 0,35 à 0,45 $ par plant.

Les emplacements prévus pour planter 2 milliards d’arbres d’ici 2030.

Un long processus

Pour obtenir des plants de qualité, les pépinières doivent les préparer de 1 à 3 ans à l’avance. Il faudra donc un certain temps pour répondre à la promesse de Justin Trudeau de planter 2 milliards d’arbres. 

Personne n’a ces plants en main. Le plan du gouvernement prévoit les premières étapes de la préparation de la terre, des partenaires et des semis pour la plantation dans les années à venir et qui progressera de manière exponentielle.

Le projet a comme objectif de semer en moyenne 200 millions d’arbres annuellement. «Vous seriez surpris de voir combien de petites organisations peuvent planter un million d’arbres en un seul printemps. Le plus gros obstacle est vraiment d’avoir accès à autant d’arbres. […] Je ne pense pas qu’il soit irréaliste d’en planter autant d’ici 2030, mais cela prendra du temps», précise Jaimee Bergeron. 

Un graphique sur la progression prévue de la plantation d’arbres jusqu’en 2030.