Le vœu de pauvreté qui empêche de rester

Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Parmi les emplois où il y a pénurie de main-d’œuvre francophone, il y en a un qui présente des défis particuliers pour les travailleurs étrangers : curé de paroisse. Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Le Voyageur a entendu un récit très particulier. Mais comme les personnes touchées par ces situations nous ont demandé de ne pas les nommer, nous tairons leur nom et ceux des paroisses. 

Dans le cas qu’on nous a raconté, un prêtre francophone s’est fait refuser sa demande de résidence permanente par l’Ontario pour deux raisons principales : son salaire n’était pas suffisamment élevé et il ne supervise pas suffisamment d’employés pour justifier que sa présence était essentielle. Des critères difficiles à rencontrer lorsque l’on fait vœu de pauvreté, ou que votre salaire est plus bas parce que vous avez d’autres avantages, et que vous avez seulement besoin d’une secrétaire et d’un concierge, par exemple.

Les municipalités et les paroissiens desservis par le prêtre lui sont venus en aide pour payer la demande — environ 2000 $ —, ont cherché des informations, ont contacté leur député, ont cherché des conseils, le diocèse a également appuyé la demande… Rien à faire. La vocation ne cadre pas avec les critères stricts reconnus par les fonctionnaires provinciaux. «Personne n’a les moyens de lui payer un avocat» qui pourrait l’aider à trouver le bon programme auprès duquel faire sa demande, mentionne le maire qui nous a expliqué cette situation.

Il rappelle aussi que, pour plusieurs petites municipalités francophones rurales, un curé qui peut s’exprimer en français est encore un membre essentiel de la communauté, entre autres pour la survie de la langue.

Sauvé par le projet pilote?

Ils ont fini par apprendre que le Programme pilote d’immigration dans les régions rurales et du Nord pourrait être le bon programme, mais il entrera seulement en vigueur en janvier. D’ici là, leur curé doit refaire une demande de visa de travail.

Le coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario, Thomas Mercier, confirme que les projets pilotes permettront de ramener le centre de décision dans les régions. «[... D]ésormais, ce seront les acteurs locaux implantés dans la municipalité qui auront un mot à dire dans la sélection ou non des candidats. Les décideurs connaitront mieux les réalités sur le terrain et pourront mieux évaluer si les candidats et les employeurs répondent aux critères.» À terme, ceci pourrait aider certaines situations plus rares, mais les prêtres ne sont pas sur la liste des emplois prioritaires pour le moment.

Il rappelle que, de manière générale, les règles d’immigration en place, surtout celles reliées à l’emploi, servent à assurer que les immigrants ont de bonnes conditions de travail et ne sont pas exploités. Le Réseau a été témoins des deux extrêmes : un bon candidat refusé pour des formalités et des employeurs qui ont abusé d’un candidat.

Sans vouloir entrer dans les détails afin de ne pas dévoiler d’information privée, le diocèse de Sault-Ste-Marie confirme que, de leur côté, ils ont instauré des procédures afin d’aider les prêtres qui font des demandes de résidence permanente ou de citoyenneté. Chaque cas est unique et complexe; les embuches ne sont pas rares. 

Test de compétences langagières

Des critiques concernant le test de compétence en français ont également émergé de nos discussions avec plus d’un intervenant. Ce test est obligatoire pour tous les demandeurs de résidence permanente; qu’il soit membre de l’Académie française ou résident des États-Unis, note Thomas Mercier. Le gouvernement veut vérifier ses compétences lui-même afin d’éviter toute fraude.

Deux prêtres à qui nous avons parlé ont échoué au test à leur premier essai. L’un a décidé de réessayer de le faire en anglais. L’autre venait tout juste de revenir de Toronto pour son deuxième essai. 

Dans le cas du deuxième, il trouve l’exercice carrément humiliant. Non seulement vient-il d’un pays francophone, mais il a complété une maitrise dans une université francophone du Canada. Il se demande s’il n’y aurait pas une façon de reconnaitre les compétences langagières d’un candidat au moins à partir d’un diplôme obtenu au pays.

Il n’a pas trouvé les questions particulièrement difficiles, mais la limite de temps et le stress imposés par le format lui ont fait échouer son premier essai, croit-il.

Thomas Mercier du Réseau du Nord a entendu les deux avis : «J’ai déjà eu vent de personnes qui auraient de la difficulté avec le test, mais j’ai également reçu plusieurs avis comme quoi le niveau était très de base et que le test n’était qu’une formalité».

Cependant, ces tests sont encore seulement offerts à Ottawa et Toronto et le demandeur doit débourser de l’argent — 440 $ pour chaque essai selon un de nos intervenants — en plus de son déplacement. 

«Sur le terrain dans le Nord de l’Ontario, nous travaillons notamment à ce que des tests de langue soient disponibles localement dans le Nord de l’Ontario grâce à des partenaires présents dans la région», fait savoir M. Mercier.

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