Un pas en avant pour la désignation patrimoniale de la plus vieille école élémentaire francophone de Sudbury

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
L'ancienne école Saint-Louis-de-Gonzague

Le conseil municipal du Grand Sudbury a adopté à l’unanimité la demande de désigner comme bâtiment patrimonial l’édifice qui abritait la première école élémentaire de langue française de Sudbury, l’école Saint-Louis-de-Gonzague. Le règlement officiel sera présenté au conseil municipal le 15 décembre.

Le travail de désignation est un projet en développement depuis quelques années. Il a été présenté au conseil municipal de Sudbury le 10 novembre par le Réseau d’action communautaire (RAC) de la haute-ville de Sudbury, invité par la conseillère du quartier 12, Joscelyne Landry-Altmann.

Pour une membre du comité Uptown et professeure à l’École d’architecture McEwen, Dre Izabel Amaral, que l’intention de désignation ait été adoptée à l’unanimité lui «faisait du bien». Elle espère «que le bâtiment soit préservé et conservé dans un état tel qu’y est plus proche de l’origine et que le bâtiment soit aussi utilisé par toute la ville, pour la communauté», explique-t-elle.

Une désignation sous la Loi sur le patrimoine de l’Ontario, L.R.O. 1990, chap. O.18 permettra de préserver l’édifice. Toute modification ou rénovation devra respecter et préserver les particularités architecturales de l’édifice.

La période de commentaires est ouvertes jusqu'au 14 décembre. Si un avis d’opposition est reçu par la Ville, le conseil devra renvoyer l’affaire à la Commission des biens culturels pour une audience.

L’entreprise Autumnwood Groupe est l’actuel propriétaire de l’édifice.

«Les entrées genrées, garçons et filles sur la façade sud, sont une trace d’une période où nous avons eu l’enseignement séparé des enfants. […] C’est intéressant comme témoin du passé», dit Dre Izabel Amaral.
L'un des toits des entrées latérales a effectivement besoin d'être reconstruit. En attendant, il semble confortable pour ce raton laveur.

Une rareté architecturale

Situé au 162, rue Mackenzie, l’ancienne école loge actuellement les évènements de Sudbury Indie Cinema. La Galerie du Nouvel-Ontario l’a aussi utilisé pour sa Foire d’art alternatif de Sudbury en 2018.

Selon le comité, le bâtiment est un symbole de solidarité pour les Franco-Ontariens. De plus, il porte une importance historique et architecturale pour la ville.

«À Sudbury même, on trouve rarement des édifices ornementés à ce niveau-là. En faisant une recherche, j’ai remarqué que celui que j’ai trouvé qui a le plus d’ornementations dans la façade, c’était à cette école-là», dit-elle.

«Les entrées genrées, garçons et filles sur la façade sud, sont une trace d’une période où nous avons eu l’enseignement séparé des enfants. […] C’est intéressant comme témoin du passé», déclare-t-elle.

Construite en 1914 et ouverte de 1915 à 2000, l’école a été construite afin de contourner, et même défier, le Règlement 17. Adopté en 1912 cette loi interdisait l’usage du français comme langue d’enseignement et de communication dans les écoles des réseaux publics et séparés.

«[L’école] montre une résistance grande de la communauté, mais aussi une ouverture d’esprit à Sudbury […] Cette école a joué un rôle pour contrer cette loi, le Règlement 17», dit la Dre Amaral.