Un GO pour TFO pour les cours en ligne en Ontario

André Magny
Initiative de journalisme local - APF
Le gouvernement a tranché malgré un service déjà existant en français

Présenté à la fin du mois de juillet à Queen’s Park dans le cadre du Projet de loi omnibus 197, la résolution faisant de TFO le maitre d’œuvre de l’apprentissage en ligne pour la clientèle franco-ontarienne réjouit évidemment la direction de la télévision publique. Mais un peu moins les conseils scolaires.

«Vous voulez savoir si je suis contrarié? La réponse est oui!» C’est en ces termes qu’Yves Lévesque, le directeur de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) décrit son état d’esprit après avoir vu le gouvernement Ford faire fi de l’expertise de l’AFOCSC dans le domaine des cours en ligne.

M. Lévesque évoque que, depuis plus de dix ans, le Consortium d’apprentissage virtuel de langue française de l’Ontario (CAVLFO) a développé, de concert avec une douzaine de conseils scolaires francophones, de nombreux cours donnés par des enseignants membres de l'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO).

Mais le gouvernement ontarien en a décidé autrement. «Rien ne me surprend de ce gouvernement», laisse tomber M. Lévesque.

Lisez l'éditorial de Réjean Grenier sur le sujet : Une perte de contrôle de notre éducation?

Servir les élèves

Du côté de TFO, la réaction est évidemment toute autre. «C’est positif pour TFO, pour la francophonie ontarienne dans son ensemble», estime Éric Minoli, président et chef de la direction par intérim au Groupe Média TFO.

Le mandat de TFO consistera à élaborer pour la rentrée de 2021 des cours en ligne couvrant toutes les matières de la 7e à la 11e année pour l’ensemble des élèves du système francophone. «C’est un très grand mandat! Nous allons élaborer un plan d’affaires d’ici décembre 2020», souligne-t-il.

Éric Minoli, président et chef de direction par intérim du Groupe Média TFO

«Mais avant tout, notre contenu doit être basé sur le curriculum, mentionne M. Minoli. Nous avons déjà une plateforme d’apprentissage», en référence à Idello.org, offerte à tous et qui contient, selon lui, 12 000 ressources en ligne.

Une main tendue ?

Conscient qu’il existe déjà du contenu en ligne, comme c’est le cas avec la production issue de la CAVLFO, le chef de la direction assure qu’il y aura une série de consultations avec les partenaires pour savoir comment tout cela va se mettre en branle. «C’est le cas, par exemple, avec le CFORP (Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques). J’ai déjà discuté avec son directeur général, Claude Deschamps, qui m’assure de sa collaboration.»

Pourtant, du côté de ce centre spécialisé notamment dans la production de jeux sérieux, de manuels scolaires et de cours en ligne, on refuse de s’avancer sur le type de collaboration que le CFORP fournira. «À ce moment-ci, nous n’avons aucune information à partager. Nous attendons les directives du ministère de l’Éducation de l’Ontario», spécifie le service des communications du CFORP.

«Dans tout cela, nous allons avoir un rôle de leadeurship», poursuit M. Minoli. Ce qui n’exclut pas, selon ce dernier, une collaboration mixte entre TFO et des enseignants des conseils scolaires.

Quant aux réactions du ministère de l’Éducation sur ce que la résolution du Projet de loi 197 provoque au sein du système scolaire franco-ontarien, malgré des demandes d’entrevues répétées, elles sont restées lettre morte.