Gérald Beaudry avec ses souvenirs de l’Université Laurentienne
Gérald Beaudry avec ses souvenirs de l’Université Laurentienne

Sans l’Université de Sudbury, la Laurentienne «aurait été petite en mautadit!» à ses débuts

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Plus de la moitié des premiers finissants étaient francophones

Gérald Beaudry fait partie des premiers diplômés de l’Université Laurentienne. Il était des 51 étudiants qui ont terminé leurs études en 1963, trois ans après l’ouverture de l’institution. Plus de la moitié des étudiants sur la photo, 27, étaient francophones selon lui. 

En fait, M. Beaudry, originaire de Verner, a suivi ses cours à l’Université de Sudbury, devenue bilingue à la création de la Fédération de l’Université Laurentienne en 1960. Lorsqu’il était en deuxième année, l’Université Laurentienne comptait un peu plus de 250 étudiants, selon le bottin des étudiants de l’époque qu’il a toujours en sa possession. «Plus de la moitié étaient enregistrés avec l’Université de Sudbury», dit-il. 

Ce que ces chiffres lui font dire, c’est que l’Université de Sudbury a permis à la Laurentienne de partir «sur un bon pied, sinon ça aurait été petit en mautadit!»

La photo de tous les premiers diplômés de l’Université Laurentienne

Il suit attentivement les développements de l’éducation universitaire en français. «Je pense que la position dans laquelle l’Université de Sudbury semble vouloir avancer… j’abonde beaucoup dans le même sens.»

En tant que jeune étudiant francophone à l’époque, il se souciait peu des raisons pourquoi l’Université de Sudbury avait abandonné son statut francophone pour devenir bilingue. Mais il croit comprendre que c’était pour plus facilement garantir du financement à la Fédération de l’Université Laurentienne. 

En fait, comme le rappelaient les professeurs d’histoire Michel Bock, François-Olivier Dorais et Marcel Martel dans une lettre au Voyageur la semaine dernière, l’Université de Sudbury s’était retrouvée devant un dilemme. Elle pouvait soit créer une université francophone pauvre ou rejoindre deux autres universités confessionnelles — Huntington et Thornloe — pour créer une université et une fédération non confessionnelle bilingue qui aurait accès au financement de la province.

Gérald Beaudry a été enseignant pendant 17 ans après ses études à Sudbury. Il a ensuite été agriculteur à Verner. Il est à la retraite.