La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney

Pas de procès en français pour agression sexuelle : «C’est une histoire terrible», dit Mulroney

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local - Le Droit
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a réagi le 17 décembre à l’histoire de la Franco-Ontarienne dont le procès qu’elle intentait pour agression sexuelle a dû être annulé parce que personne à la Cour de justice de Sault-Ste-Marie n’était disponible dans les temps requis pour entendre son témoignage en français.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a réagi le 17 décembre à l’histoire de la Franco-Ontarienne dont le procès qu’elle intentait pour agression sexuelle a dû être annulé parce que personne à la Cour de justice de Sault-Ste-Marie n’était disponible dans les temps requis pour entendre son témoignage en français.

«C’est terrible. C’est une histoire terrible.»

L’ex-procureure générale et actuelle ministre des Affaires francophones de l’Ontario s’est dite navrée du récit de cette Ontarienne d’expression française du nord de la province.

À la suite de nombreux délais en raison de l’absence d’interprètes, cette femme, dont le procès a été annulé en novembre 2019 après l’invocation de l’arrêt Jordan, n’aura jamais eu l’occasion de témoigner contre celui qu’elle accuse de l’avoir agressée sexuellement.

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« Je garde espoir qu’on pourra régler ces problèmes, surtout dans les régions éloignées de la province. »
Caroline Mulroney

«On est en retard de ce côté-là et on a du travail à faire», a noté la ministre, lors d’une entrevue avec Le Droit.

Le procureur général, Doug Downey, avait annoncé à la mi-décembre un projet pilote dans la région de North Bay pour assurer les services de justice en français. Cette annonce avait été faite après que le député de la Mushkegowul-Baie James Guy Bourgouin ait déploré, à Queen’s Park, le sort qui a été réservé à cette femme et à un autre de ses concitoyens en instance de divorce qui n’avait pas pu être servi dans sa langue maternelle à la même Cour de justice.

Lorsque Mme Mulroney était procureure générale, elle a initié un projet pilote pour améliorer l’accès aux services en français aux palais de justice de Sudbury, basé sur celui qui avait eu lieu à Ottawa.

La ministre des Affaires francophones soulève avoir été impressionnée «par la rapidité des parties prenantes pour adapter leurs pratiques à la technologie pour répondre à la nécessité imposée par la pandémie».

Elle souligne que cette rapidité du système judiciaire à s’adapter aux besoins des communautés et affirme même que ça lui a donné espoir.

«Je garde espoir qu’on pourra régler ces problèmes, surtout dans les régions éloignées de la province », ajoute-t-elle.