Offre active : Dire «bonjour» devrait suffire

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Est-ce que les services en français doivent être réclamés sur place ou le prestataire devrait les offrir automatiquement? Cette question est à la base du principe de l’offre active. Ce principe est mis de l’avant depuis 2013 seulement et il faut plus que de la bonne volonté de la part des organisateurs et dirigeants pour l’appliquer : les gens sur le plancher doivent être formés.

Dans l’édition du Voyageur du 26 mai, une chronique intitulée Mon expérience de vaccination : rapide, organisée, anglophone détaillait une visite dans un centre de vaccination du Grand Sudbury. Malgré les constantes salutations en français de l’auteur, personne dans le centre de vaccination ne l’a dirigé vers des services en français. 

Le Consortium national de formation en santé offre cette définition : «L’offre active des services sociaux et de santé en français consiste à proposer, de façon proactive et dès le premier contact avec la patiente ou le patient, un ensemble de services en français avec confiance et conviction.»

Des services étaient disponibles en français au centre de vaccination selon l’infirmière hygiéniste de Santé publique Sudbury et district, Natalie Philippe. Ils auraient dû être offerts en fonction de la première impression.

«L’offre des services en français est quelque chose qu’on prend vraiment à cœur, c’est important pour nous», assure-t-elle. Après que Le Voyageur lui ait présenté l’expérience, elle a promis de faire des suivis et que des efforts seront mis en place pour corriger la situation.

Simplement dire «bonjour»

«C’est quelque chose dont on est très conscient et on le suit d’assez proche avec la vaccination et le dépistage et ce n’était pas évident d’avoir des services en français», affirme la directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario (RMEFNO), Diane Quintas.

«On a développé une pleine formation sur l’offre active. C’est la responsabilité du fournisseur de soins de santé et non le client de revendiquer quand il est malade ou stressé. […] Le fait de dire “bonjour” devrait être une indication que le patient devrait être servi en français.»

Cela dit, elle souligne qu’il existe toujours une faille systémique dans la façon dont les services de santé sont offerts en français dans la province. «Santé publique Ontario a tous les outils de traduction. Par exemple, je devrais être capable de recevoir mon reçu de vaccination en français, mais on me donne un papier en anglais même avec une traduction en français. Ils devraient reconnaitre que je suis française — mettez au moins un côté en français.»

Lorsque la pandémie a commencé, le RMEFNO s’est donné comme priorité absolue de joindre tous les bureaux de santé de son district pour travailler avec eux afin de s’assurer que les services de santé en français auront une place autour de la table. Cependant, ce n’est pas tous les bureaux de santé qui ont répondu. 

Diane Quitas espère que les choses sont sur le point de changer pour le mieux. Elle souhaite entendre de bonnes nouvelles au sujet de la révision de la Loi sur les services en français. «On prône beaucoup sur l’inclusion des bureaux de santé sous cette loi qu’ils aient des obligations de mettre des politiques en place pour accommoder les francophones.»

D’ailleurs, elle encourage tout les Franco-Ontariens à répondre au sondage du gouvernement de l’Ontario qui circule présentement sur le sujet avant le 5 juillet : https://www.ontario.ca/fr/forme/sondage-ameliorer-lacces-aux-services-en-francais.