L’union fait la force dans le Nord-Ouest ontarien

Charles-Antoine Côté
Initiative de journalisme local - APF
L'AFNOO s’efforce de créer davantage de liens.

Depuis juin 2019, l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario (AFNOO) s’efforce de créer davantage de liens entre ses 25 organismes membres. Deux rencontres de concertation ont déjà eu lieu, mais les intervenants constatent qu’il en faudra plus pour briser le sentiment d’isolement des organismes francophones de cette grande région.

L’AFNOO a obtenu 25 000 $ du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) pour mener à bien son projet intitulé «Concertations du réseau communautaire de la francophonie du Nord-Ouest». L’objectif premier est de favoriser le dialogue et le partage de ressources entre les membres de l’association.

«Je pense que les gens sont satisfaits du travail que l’on fait parce que c’est du concret. C’est vraiment un travail de collaboration. Si quelqu’un veut annoncer un ordre du jour particulier par exemple, il faut vraiment que tout le monde s’entende sur le contenu», expose la directrice générale de l’AFNOO, Élodie Grunerud.

Deux tables rondes ont eu lieu en juin et en décembre dernier, une rare occasion de réunir les 25 groupes membres de l’AFNOO, qui sont répartis dans huit villes du Nord-Ouest ontarien : Thunder Bay, Dryden et Red Lake à l’Ouest, et Greenstone (Geraldton, Longlac, Beardmore, Nakina), Terrace Bay et Manitouwadge dans l’Est.

Les membres représentent les secteurs de la santé, l’éducation, la culture ainsi que les municipalités. Les bailleurs de fonds de l’AFNOO, dont le Conseil de Coopération de l’Ontario et l’École de médecine du Nord de l’Ontario, étaient également présents.

Problèmes de communication

Malgré ce travail de concertation, la communication au sein des membres reste à améliorer. Cette lacune a été évoquée lors des deux dernières rencontres. De l’avis des premiers concernés, un plus grand partage d’information entre les organismes en dehors des périodes d’assemblée générale et de réunions de concertation est requis.

Élodie Grunerud croit que ces difficultés peuvent s’expliquer par la distance géographique qui sépare les organismes les uns des autres. «Nos membres ne sont pas tous à Thunder Bay, certains sont en région éloignée comme à Red Lake qui va être à six heures de route de Thunder Bay ou encore à Manitouwadge ou Longlac. Donc la distance nuit à la communication.»

L’éloignement géographique et le manque de canaux de communication efficaces amènent certains organismes à se retrouver isolés. C’est ce que vit Inoussa Pempeme, formateur au Centre de formation pour adultes de Greenstone.


« On aimerait que nos services dans la région soient plus visibles au niveau des autres organismes et du grand public. D’être plus visible aussi auprès des nouveaux arrivants, par exemple, pour que l’on puisse leur proposer nos services et ainsi attirer cette clientèle-là »
Inoussa Pempeme

Il espère que la concertation avec l’AFNOO et les autres organismes qui vivent des situations similaires permettra de développer des solutions et des outils concrets pour le centre. Le recrutement de clientèle est un enjeu commun à plusieurs organismes.  

Pour cela, il faudra tout d’abord développer des méthodes de communication plus efficaces. Un sous-comité a été créé par des membres du projet de concertation afin d’étudier la question. Ce sous-comité se réunira d’ici à la fin février pour envisager l’utilisation d’une plateforme de communication commune entre les membres, Facebook par exemple. Quant à la prochaine table ronde du projet «Concertations du réseau communautaire de la francophonie du Nord-Ouest», elle devrait avoir lieu le 5 avril à Thunder Bay.