Gouled Hassan et l’auteur de bandes dessinées Body Ngoy posent pour une photo lors de la séance de consultation de la Coalition des noir.es francophones de l’Ontario à Sudbury le 18 septembre.
Gouled Hassan et l’auteur de bandes dessinées Body Ngoy posent pour une photo lors de la séance de consultation de la Coalition des noir.es francophones de l’Ontario à Sudbury le 18 septembre.

Les noirs.es du Nord veulent prendre leur place

La Coalition des noir.es francophones de l’Ontario (CNFO) en est encore à sa phase d’établissement. En plein cœur d’une tournée provinciale, les représentants du jeune organisme de représentation étaient de passage à Sudbury le 18 septembre. Les principaux objectifs de la visite étaient de le faire connaitre, de recruter des membres et de recueillir les avis sur sa mission et sa vision.

La CNFO a été créée en 2018 avec l’objectif d’augmenter le poids politique des noirs en Ontario afin d’obtenir l’aide là où ils en ont besoin. Elle a tenu sa première assemblée générale annuelle en février 2021. 

L’un des représentants de la CNFO à Sudbury, Gouled Hassan, croit que le Nord de l’Ontario doit intégrer la Coalition. «On a des particularités dans le Nord de l’Ontario. Si on n’est pas autour de la table décisionnelle, tout ce qu’on va vivre, c’est ce qui se passe dans les autres régions et notre particularité ne sera jamais prise en considération.»

Selon lui, la communauté noire du Nord est plus petite, très jeune et elle a quand même de bonnes ressources. «On est soit des gens qui [entrent] dans les institutions postsecondaires, qui vont devenir de futurs professionnels ou qui sont déjà des professionnels dans la région.»

Par conséquent, leur poids économique est plus important que leur poids démographique, avance Gouled Hassan. «Par exemple, nos besoins ne seront pas d’avoir des emplois au salaire minimum.»

Nouvelle représentation

Les premières années ont surtout servi à mettre en place les systèmes de gouvernance de la CNFO afin qu’elle soit «capable de renforcer la capacité des associations des pays d’origine et des organismes initiées par les personnes des communautés noires», affirme la présidente, Julie Lutete. 

Le conseil d’administration a déjà tenu quatre séances de travail pour définir la mission et la vision de l’organisme. Il était temps de valider ce travail auprès des principaux concernés, dit-elle. 

Mme Lutete confirme que les réalités et les besoins du Sud et du Nord, par exemple, ne sont pas les mêmes. «Par exemple à St. Catharines, il y a une communauté haïtienne qui est encore en train de s’exprimer par rapport au racisme qu’ils vivent.» Les opportunités d’emplois peuvent aussi être différentes d’une région à l’autre.

La lutte contre le racisme fera partie des actions de la CNFO, entre autres en sensibilisant les instances gouvernementales. Julie Lutete applaudit d’ailleurs l’établissement du Secrétariat fédéral de lutte contre le racisme et ses premières initiatives.

Elle espère que ces investissements mèneront à la stabilité financière de plusieurs organismes. «Les bailleurs de fonds jugent souvent, ou analysent les demandes, par rapport à la stabilité financière, qui manque à nos organismes.» La mise en commun que propose la Coalition pourrait éventuellement donner plus de chance à ses organismes membres.

La Coalition n’est pas là pour remplacer l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), précise Julie Lutete. Elle pourra simplement prendre en charge certaines choses pour lesquelles l’AFO n’a pas les ressources. «Pour certaines particularités que nous vivons, il serait mieux d’avoir une structure qui représente uniquement cette communauté-là.» La Coalition est membre de l’AFO et continuera de collaborer avec elle. 

La CNFO circulera en Ontario jusqu’au 9 octobre. Après avoir commencé par St. Catharines et Sudbury, ils seront à Cornwall et Ottawa la fin de semaine prochaine. Suivront London, Windsor et Toronto.