C’est en Amérique du Nord que le sentiment d’appartenance à la francophonie serait le plus fort chez la jeunesse, d’après un rapport de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) paru en décembre dernier.
C’est en Amérique du Nord que le sentiment d’appartenance à la francophonie serait le plus fort chez la jeunesse, d’après un rapport de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) paru en décembre dernier.

Les jeunes franco-canadiens veulent l’égalité, un emploi et une planète en santé

Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
Francopresse
C’est en Amérique du Nord que le sentiment d’appartenance à la francophonie serait le plus fort chez la jeunesse

C’est en Amérique du Nord que le sentiment d’appartenance à la francophonie serait le plus fort chez la jeunesse, d’après un rapport de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) paru en décembre. On y apprend aussi que les jeunes francophones du Canada ont pour priorités d’atteindre l’égalité des genres, de se trouver un emploi et de vivre dans un environnement sain.

Ce rapport de l’OIF fait état des résultats obtenus lors de la consultation jeunesse «La francophonie de l’avenir», réalisée entre mai et juillet 2020 et qui a permis de recueillir les témoignages de plus de 10 000 jeunes à travers le monde.

Parmi ceux-ci, quelque 418 participants sont issus d’Amérique du Nord, principalement du Canada puisque seulement deux d’entre eux ont indiqué habiter la Louisiane.

La présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Sue Duguay, a participé à quelques évènements récapitulatifs organisés par l’OIF pour discuter des résultats du rapport.

«Je pense que le travail qu’on fait dans le contexte associatif francophone au Canada, on l’associe beaucoup au fait d’être minoritaires. Je pense qu’on a parfois tendance à se limiter au statut de minorité et à seulement voir ça comme un travail, alors de voir qu’on ressort comme étant la population qui dit être la plus fière d’être francophone, ça m’a fait sourire!», indique la présidente de la FJCF.

Langue française, culture et réseau

Ce qui favorise ce sentiment d’appartenance à la francophonie chez les jeunes franco-canadiens, c’est d’abord la langue française, puis le partage d’une culture et finalement l’appartenance à un réseau, indique le rapport. Des idées qui résonnent à la FJCF.

«Notre organisme a dû évoluer au fil du temps : à une époque, on disait qu’on représentait les jeunes francophones, alors que de nos jours, on dit plutôt “la jeunesse canadienne d’expression française”, [un terme] beaucoup plus englobant. C’est justement dû au fait qu’il y a des gens qui s’associent plus au fait linguistique, d’autres plus au réseau et à l’opportunité de participer à des évènements jeunesse dans tout le pays», indique Sue Duguay.

Comparativement à d’autres États, la défense des causes est peu considérée comme un marqueur d’appartenance par les jeunes Franco-Canadiens, un résultat qui peut sembler surprenant à la lumière des manifestations franco-ontariennes de 2018 ou de la cause menée devant la Cour suprême par les francophones de Colombie-Britannique.

Pour la présidente de la FJCF, si les jeunes Canadiens ont peu identifié la défense des causes comme un marqueur d’appartenance, c’est parce que celle-ci est plutôt associée aux organismes de la francophonie canadienne : «On sait que la francophonie canadienne est forte de par ses organismes en milieu associatif, donc je pense que c’est simplement parce que ces mouvements-là [de mobilisation] sont souvent — pas tout le temps mais souvent — rattachés à des organismes qui mènent le bal», suggère-t-elle.

Finalement, les trois priorités identifiées par les participants d’Amérique du Nord sont l’égalité femme-homme, l’obtention d’un emploi et le fait de vivre dans un environnement sain.

La question de l’emploi prend une tout autre importance dans le contexte de la pandémie, où les jeunes Canadiens sont particulièrement affectés par le chômage. Sue Duguay indique que «c’est un commentaire qui nous est revenu à plusieurs reprises».

«C’est certain que c’est difficile d’avoir un diplôme en main, un diplôme tout frais et tout chaud, et de ne pas savoir si on aura un emploi», reconnait la présidente de la FJCF.

Le Forum jeunesse pancanadien 2021 sur le thème de la diversité

Pour l’année à venir, la Fédération concentrera ses énergies sur quelques projets, dont la 9e édition de son Forum jeunesse pancanadien (FJP) qui aura lieu en ligne en raison du contexte sanitaire. L’évènement aura pour thème «La diversité», un choix qui s’est presque imposé de lui-même, d’après Sue Duguay. 

«Le Conseil de direction de la FJCF, qui représente les organismes jeunesse de 11 provinces et territoires, a eu des discussions et tout ce qui est ressorti finissait par se rattacher au sujet de la diversité! […] Si on pense à la dernière année, il y a peut-être eu un eye-opening d’une plus grande partie de la population sur l’importance de faire de la place à la diversité, de respecter la diversité, alors je pense qu’il va de soi que cette année, ça allait être extrêmement important d’en parler.»

La présidente de la FJCF mentionne également la plateforme Entreprends, «qui a pour but d’encourager l’entrepreneuriat jeunesse francophone au pays».

«C’est difficile de planifier la prochaine année en raison de la pandémie, mais ce qu’on a d’aligné s’arrime [aux priorités identifiées dans le rapport de l’OIF]. […] Tout ce qui a rapport à l’environnement et à l’éducation, ça faisait déjà et ça continue de faire partie de nos revendications, politiques entre autres», conclut Sue Duguay.

Elle assure également que la FJCF continuera d’appuyer les jeunes dans le domaine de la santé mentale. Le sujet avait été à l’honneur lors du dernier Forum jeunesse pancanadien en 2019, et revêt une importance toute particulière dans le contexte de la COVID-19, qui amplifie l’anxiété et d’autres problèmes psychologiques chez les jeunes.