Les gens d’affaires francophones de Timmins se cherchent

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Pouvoir se reconnaitre et s'encourager serait une priorité.

La communauté d’affaires francophone de Timmins semble avoir trois problèmes à surmonter : l’identification des entreprises francophones ou bilingues, l’embauche de personnel bilingue et la valorisation du fait français. La Chambre de commerce de Timmins a invité ses membres francophones à partager leurs idées pour améliorer l’inclusion et les services en français à Timmins le 17 février.

Ce qui semble le plus facile et le plus urgent pour l’instant : identifier les entreprises membres de la Chambre qui se considèrent francophones ou «en mesure d’embaucher des francophones», précise la conseillère municipale Michelle Boileau. «Peut-être que le propriétaire n’est pas francophone, mais peut-être que son équipe de gestion l’est» et pourra assurer la formation d’un employé bilingue.

Le site web de la Chambre de commerce n’indique pas pour l’instant si ses membres sont francophones ou s’ils offrent des services en français. Un projet pour ajouter cette information a été encouragé par plusieurs dans la quinzaine de participants et semble avoir été accepté par l’association.

Le gestionnaire des ententes de formation du Collège Boréal, Sébastien Lessard, a suggéré une campagne inspirée par Bonjour Welcome de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

La directrice du Centre de santé de Timmins, Michelle Stevens, croit qu’une initiative du genre devrait s’accompagner d’une campagne de valorisation du français. «Il y a une idée que de travailler en français, c’est compliqué, qu'on n'est pas capable. C’est correct d’être franglais. Ça ne veut pas dire qu’on n’est pas francophone. Ce genre de campagne là, ça porterait fruit.» 

La directrice du Centre culturel La Ronde est entièrement d’accord qu’il faut encourager ceux qui font l’effort de communiquer en français. Un accent différent ou utiliser des mots anglais ne signifie pas qu’on a pas la francophonie à cœur, dit-elle. Il faut encourager les autres cultures à se joindre aux francophones.

La main-d’œuvre francophone est une denrée rare à Timmins selon quelques-uns des employeurs présents. Surtout pour le service à la clientèle, justement. 

Michelle Stevens a rapidement constaté cette difficulté, elle qui est directrice du Centre de santé depuis septembre. «Les gens sous-estiment leur capacité à travailler en français» et n’appliquent pas nécessairement pour des postes. Il y a pourtant plein d’aide et de ressources pour faciliter les communications en français et être plus à l’aise, explique-t-elle.

La conseillère municipale francophone, Michelle Boileau, était aussi là pour rappeler que la municipalité veut en faire plus pour les francophones. «Au niveau du travail opérationnel avec la ville, il y aurait peut-être un manque de ressources disponibles, que ce soit les formulaires, les demandes de permis, etc. Mais aussi juste au niveau du partage de messages qui proviennent de la ville», propose-t-elle. La pandémie a justement démontré les lacunes de communication en français à Timmins. Le Comité de liaison francophone a déjà commencé le travail de consultation sur ces sujets.

Bienvenue FGA

La rencontre a également été l’occasion de présenter la toute nouvelle Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA) aux gens d’affaires de Timmins. La Fédération a officiellement été créée le 1er janvier avec du financement du gouvernement de l’Ontario. 

Le nouvel organisme bénéficie de 500 000 $ pour assurer la formation et la visibilité des entreprises francophones. Grâce à la participation des 14 associations d’affaires fondatrices, dont la Chambre de commerce de Timmins, la FGA compte déjà 3250 membres qui peuvent profiter de services et de webinaires gratuits.

«Le problème que toutes les entreprises franco-ontariennes ont, c’est de ne pas exactement savoir l’ampleur, ou le poids, de l’économie franco-ontarienne. On ne se connait pas. On ne sait pas combien d’entreprises on est, ce qu’on propose, dans quel secteur. Je crois que ce qui manque aujourd’hui, pour disposer d’un poids économique, c’est de savoir qui nous sommes», indique le directeur par intérim de la FGA, Richard Kempler.

Un de projet de la Fédération pour améliorer la visibilité des entreprises francophones est la création d’un site internet. M. Kempler a indiqué qu’il devrait être prêt vers la fin mars.