Le Centre francophone de Sault-Sainte-Marie est actuellement situé sur la rue North, dans une ancienne aile de l’École Notre-Dame-du-Sault. «Peu visible de l’extérieur», mentionnent nombre d’intervenants.
Le Centre francophone de Sault-Sainte-Marie est actuellement situé sur la rue North, dans une ancienne aile de l’École Notre-Dame-du-Sault. «Peu visible de l’extérieur», mentionnent nombre d’intervenants.

Le CFSSM dévoilera cet automne un plan stratégique sur cinq ans

André Magny
Initiative de journalisme local - APF
Un tout premier plan stratégique depuis l'ouverture du Centre.

Se donner des objectifs précis, identifier les besoins des francophones et des francophiles de la région et envisager un possible déménagement : trois points auxquels devrait répondre le nouveau plan stratégique du Centre francophone de Sault-Ste-Marie (CFSSM), qui sera présenté en septembre lors de l’assemblée générale annuelle du centre.  

La présidente du conseil d’administration du CFSSM depuis deux ans, Jessica Torrance, a bien voulu lever le voile sur certaines questions soulevées lors des consultations effectuées auprès de la population concernée.

Tout a débuté en avril par un sondage effectué auprès de la communauté afin de bien saisir leurs désirs et besoins face au centre. Une soixantaine de personnes y ont répondu, le tout sous la gouverne de la firme de consultants Discitus d’Ottawa. Quelques entrevues téléphoniques ainsi que deux rencontres publiques virtuelles, une en français et l’autre en anglais, ont également eu lieu, histoire d’alimenter la réflexion.

D’après le consultant Pierre Bourbeau, certains défis reviennent systématiquement : «Il y a d’abord le désir de développer les compétences de l’organisme, parce que si le CFSSM veut fonctionner d’une façon efficace et pertinence, il faut donner les bons outils au personnel. Il y a aussi un manque flagrant de publicité et de markéting chez les organismes culturels francophones», note celui qui a passé les 15 dernières années à œuvrer auprès d’organismes franco-canadiens.

Cela lui a donné un regard spécifique sur les mécanismes de développement des organismes francophones et, d’après lui, le CFSSM ne serait pas différent de ses homonymes d’autres régions.

Le tout premier plan stratégique du CFSSM

«Il s’agit du premier plan stratégique de l’histoire du Centre francophone de Sault-Ste-Marie [fondé en 1982], mentionne la présidente. Ça faisait quelques années que l’idée trottait dans nos têtes.»

Une initiative que salue au passage le président du conseil d’administration du Centre d’éducation et de formation pour adultes (CEFA), Jean-Marie Wissell, «le seul centre à offrir des services d’éducation et de formation en français à Sault-Ste-Marie». 

«C’est toujours utile d’avoir des idées nouvelles. C’est important de faire des efforts pour se tenir ensemble», souligne le président qui se réjouit que le CEFA ait pu ajouter son grain de sel durant les consultations du CFSSM.

En septembre, le plan quinquennal sera soumis pour approbation au conseil d’administration du centre.

Des bons coups…

Parmi les bons coups soulignés par les répondants au sondage, on souhaite que le centre continue de collaborer avec d’autres organismes, comme le Club de l’âge d’or local ou encore le CEFA.

«On nous demande de continuer également nos activités comme la Saint-Jean, la Journée franco-ontarienne ou des activités dans le temps de Noël ou de l’Halloween», souligne Jessica Torrance.

… et des aspects à améliorer

D’après les réponses et les commentaires obtenus, la population franco-ontarienne de Sault-Ste-Marie aimerait que le CFSSM centre une partie de sa programmation sur les ados ou les jeunes adultes. «On manque d’activités pour eux», concède Mme Torrance.

Jessica Torrance, présidente depuis deux ans du conseil d’administration du Centre francophone de Sault-Sainte-Marie.

Un effort soutenu auprès des nouveaux arrivants doit aussi être envisagé. «Il faut qu’on trouve une façon de mieux les accueillir. Ça pourrait être au moyen d’une liste de services avec des contacts qu’on pourrait leur fournir», réfléchit tout haut la présidente.

La conseillère en emploi au Sault Community Career Centre Dania Kuzbari acquiesce. Arrivée dans la région il y a 9 ans, Syrienne d’origine et fervente francophone, elle estime que la qualité de l’accueil dans la communauté doit se faire «pas juste pour les réfugiés, mais aussi pour tous les autres Canadiens».

Déménager ou rester là

Le Centre francophone de Sault-Sainte-Marie est actuellement situé sur la rue North, dans une ancienne aile de l’École Notre-Dame-du-Sault. «Peu visible de l’extérieur», ont mentionné nombre d’intervenants.

La conseillère en emploi au Sault Community Career Centre Dania Kuzbari estime qu’un centre francophone mieux situé ferait en sorte que le l’organisme pourrait «viser une plus grande clientèle».

Un changement de local «serait très positif» selon Jean-Marie Wissell. Il donne d’ailleurs l’exemple du CEFA, qui a déménagé dans une ancienne prison et dont les nouveaux locaux, à la satisfaction de tous, sont plus accessibles. 

Même si Jessica Torrance tient à ajouter prudemment «qu’il ne faut pas juste déménager pour déménager», elle est tout à fait consciente des problèmes d’accessibilité du CFSSM. Selon Dania Kuzbari, un centre francophone mieux situé ferait en sorte que l’organisme pourrait «viser une plus grande clientèle».

Selon elle, un endroit plus visible amènerait peut-être plus de personnes à participer aux activités, et éventuellement plus de francophones à déménager à Sault-Ste-Marie, sachant qu’ils pourront bénéficier des services offerts par le CFSSM.