La présidente de la FJCF, Sue Dugay
La présidente de la FJCF, Sue Dugay

La pandémie n’a pas ralenti la réflexion sur la Stratégie nationale de la sécurité linguistique

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
Le mois de la francophonie est le moment idéal pour en parler

Malgré la pandémie, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) et ses partenaires continuent de travailler sur leur dossier de la Stratégie nationale de la sécurité linguistique (SNSL), publiée le 20 mars 2020, au tout début du confinement. 

«Quand on pense au concept de l’insécurité linguistique, ça peut sembler tellement grand. Certains diront irréaliste comme projet. Mais, l’objectif de ce projet est seulement de le décortiquer», explique la présidente de la FJCF, Sue Duguay. 

«La SNSL a pour but justement de permettre aux Canadiens et aux Canadiennes de développer une sécurité linguistique dans leur secteur, dans leur domaine respectif», ajoute-t-elle. 

La perte des rassemblements et les rencontres en ligne que la pandémie a entrainées ont «pris une place importante dans la vie des gens». «Justement dans ce sens-là, ça n’a certainement pas aidé le thème de la sécurité linguistique. Les personnes en situation minoritaire sont déjà isolées dans un sens. Ils n’ont pas toujours accès à une vie en français. Souvent, il faut qu’ils travaillent très fort pour avoir des expériences en français», dit la présidente de la FJCF. 

En 2014, la FJCF a commencé à étudier cette question. «On sentait que nos membres et beaucoup d’autres dans nos communautés francophones avaient ces sentiments-là, de l’insécurité.»

L’insécurité linguistique de la langue française au Canada est un des plus grands défis auxquels les Franco-Canadiens font face. «Quand on décortique les répercussions d’une insécurité linguistique dans un contexte de minorité surtout, c’est immense. Quelqu’un qui le vit peut décider de ne plus s’exprimer en français», illustre-t-elle. 

Bien qu’il s’agisse d’un problème complexe qui nécessite plusieurs niveaux d’interventions et de solutions, la FJCF et ses partenaires se sentent prêts à y travailler. 

Le projet sera divisé en quatre domaines d’intervention : l’éducation, le marché du travail, les politiques publiques et les cultures & médias. Chaque secteur est divisé davantage pour des études détaillées. On cherche à savoir quels sont les problèmes dans ces secteurs et «on cherche à proposer des solutions», souligne-t-elle.

Les prochaines étapes pour la FJCF et ses partenaires sont de «faire connaitre la stratégie». La FJCF se concentre sur des présentations aux quatre secteurs mentionnés dans leur plan, des discussions et des partages d’idées sur la façon de les aborder. 

Le 24 février, la FJCF publiait une lettre ouverte afin de réaffirmer son engagement à combattre l’insécurité linguistique. Dans cette lettre, Mme Dugay y parle avant tout d’éducation et y avance déjà une solution : «La réponse est d’une simplicité déconcertante : offrir plus d’opportunités».

Série de discussions

La FJCF a organisé une série de discussions sur les quatre domaines d’intervention de leur stratégie pour combattre l’insécurité linguistique. Vous pouvez revoir les deux premières déjà diffusées sur la page Facebook ou pour attraper les deux prochaines.