Informations en français et pandémie

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Les résultats de la consultation du RMEFNO

L’information en français a fait défaut au début de la pandémie, mais la situation se serait largement améliorée depuis, selon les francophones qui ont participé aux consultations téléphoniques du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario (RMEFNO) en juin.

L’objectif de l’organisme francophone était de tirer des leçons de la pandémie et faire des recommandations pour que les communications en français soient efficaces aussi rapidement que celles en anglais lors d’une future situation similaire.

Les réponses concernaient aussi bien le gouvernement de l’Ontario que les agences de santé publique. «Il y en a qui sont meilleures que d’autres, mais la majorité des gens ont dit qu’il faut parfois fouiller un petit peu, mais que l’info est là en français; et si tu demandes, tu vas la recevoir en français aussi», rapporte la directrice générale adjointe du RMEFNO, Monique Rocheleau. Santé publique Sudbury et districts ainsi que l’hôpital Horizon Santé Nord se seraient particulièrement bien tirés d’affaire.

Les points négatifs concernaient principalement deux éléments. L’accès à internet est revenu à plus d’une reprise comme limite à l’accès à l’information en français, surtout dans les régions rurales. Un fait bien connu et abordé pendant la pandémie.

Pour ceux qui y ont accès par contre, internet a été salvateur. «Il y a eu des bons points au niveau de l’innovation avec l’utilisation de Zoom ou de toutes les autres choses disponibles, d’être capable de participer à des programmes d’exercices, de bingo, le contact avec les gens, le café… tout ce fait par internet», propose Mme Rocheleau

L’isolement des personnes âgées a aussi été mentionné par plusieurs participants. «C’était très touchant. Il y a eu beaucoup de témoignages concernant les gens qui ne pouvaient pas aller voir les membres de leur famille, qu’ils soient dans un centre de soins de longue durée ou à domicile», mentionne la directrice adjointe. Les ainés coincés à l’intérieur s’ennuyaient d’activités aussi simples que d’entendre le chant des oiseaux.

Heureusement, plusieurs mesures ont été mises en place pour venir en aide aux ainés isolés. Entre autres les groupes de bénévoles qui les contactaient par téléphone de façon régulière afin de vérifier si tout allait bien. Les organismes et les groupes qui se sont organisés pour livrer divers produits aux ainés ont également été grandement appréciés.

Finalement une petite critique concernant une télévision et la radio en langue française est revenue à quelques reprises, car les auditeurs n’étaient parfois pas certains si une information donnée concernait le Québec ou l’Ontario, qui vivaient des situations similaires, mais différentes à la fois.

La suite

Même si c’était faible au début, l’état actuel des communications en français encourage les participants et le RMEFNO. On espère que des leçons en seront tirées et que, dans une nouvelle situation d’urgence, il ne sera pas nécessaire de rappeler aux autorités que les francophones ont besoin d’être informés dans leur langue. «Il faut s’assurer que ça continue, qu’on ne perde pas toutes les bonnes pratiques qui ont été mises en place», déclare Monique Rocheleau.

Le travail ne s’arrête quand même par là pour le RMEFNO. Il y aura un rapport sommaire qui recensera les points forts et les meilleures pratiques. L’organisme fera également des suivis auprès des bureaux de santé publique pour les informer de certaines lacunes rapportées.

Les solutions mises en place pendant la pandémie pour contacter les personnes isolées pourront également être utiles à l’avenir.