Franco-Parole II et III : Des circonstances bien différentes

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur

Avec près de 50 ans entre le premier et le troisième Franco-Parole, il ne faut pas se surprendre que peu de gens ait participé à plus d’un. L’un des principaux organisateurs du premier, Réjean Grenier, dit ne pas avoir participé au deuxième. Par contre, Julie Boissonneault pourra dire qu’elle a participé aux deuxième et troisième dans des circonstances moins volatiles.

La professeure de l’Université Laurentienne nouvellement à la retraite se souvient bien de l’énergie dans laquelle baignait Franco-Parole II il y a 30 ans. La communauté était beaucoup moins unanime que ce qu’elle semble être pour Franco-Parole III. 

«Je me souviens tout particulièrement d'un détail : la présence d’individus non convaincus de la nécessité d'institutions de langue française et qui soutenaient ardemment les établissements bilingues (à l'époque cela comprenait le collège Cambrian). Mais comme l'activité était ouverte à tous, il fallait bien conjuguer avec la situation et nous avions à l’œil ces personnes, prêts à contrer les arguments qu'elles pouvaient soulever dans les ateliers», raconte Mme Boissonneault.

Elle est cependant convaincue que la troisième fois sera la bonne, «c'est mon souhait le plus cher». «La table est d'ailleurs mieux dressée et ce n'est pas une revendication générale, sur deux fronts, mais bien une université de langue française dans le Nord ontarien. Les déboires des derniers mois aideront : il faut bien que ce mal s'avère pour un bien.»

Il faut dire que Franco-Parole III a lieu dans une société bien différente. En 1991 les Franco-Ontariens ne contrôlaient par leur éducation. Aujourd'hui, le sud de la province a son université de langue française et l’Université de Hearst vient d’obtenir son indépendance. Avec les intentions claires de l’Université de Sudbury de devenir entièrement francophone, le congrès Franco-Parole ressemble plus à un état des lieux et une façon de tracer la voie pour l’avenir. 

Mme Boissonneault animera la conférence Diagnostics le 24 juin à 13 h. Cette discussion au sujet des sources des défis de l’éducation postsecondaire en milieu minoritaire rassemblera Geneviève Tellier de l’Université d’Ottawa, Stéphanie Chouinard du Collège militaire royal du Canada et de l’Université Queen’s, l’historien Michel Bock et François Charbonneau de l’Université d’Ottawa.

Pour l’horaire complet de Franco-Parole III, visitez http://nouvelontario.ca/fp3/.