L'intérieur de l'église St-Jacques à Hanmer
L'intérieur de l'église St-Jacques à Hanmer

Contrer la perte de revenus et d’interactions

Paroisses et pandémie

La fermeture des églises en raison du combat contre la COVID-19 a des conséquences bien plus grandes que l’arrêt des cérémonies religieuses. C’est aussi une perte de revenus importante, puisque sans messe, il n’y a pas de quête pour recueillir les dons. Certains ont adopté les technologies pour livrer et recevoir.

Comme l’indique la trésorière de la paroisse Marie-Reine-du-Monde à Matheson, Murielle Racicot, il y a quelques économies : «On n’achètera pas de lampions pour le moment, on n’achètera pas de vin, des choses comme ça», mais sinon, toutes les dépenses restent. Les factures d’électricité, de chauffage, de téléphone, d’assurances, etc., doivent être payées.

Dans le cas de la paroisse de Matheson, il ne semble pas y avoir d’urgence, mais il ne faudrait pas que la fermeture dure trop longtemps. «J’imagine que quand ça va recommencer, les gens vont donner ce qu’ils donnaient d’habitude», entrevoit Mme Racicot.

Des méthodes de paiement alternatives n’ont pas encore été envisagées chez eux, mais d’autres paroisses et diocèses prennent les devants. Par exemple, dans le diocèse de Hearst-Moosonee, on encourage les paroissiens à envoyer un chèque par la poste à leur paroisse ou programmer un prélèvement automatique mensuel auprès de leur institution bancaire.

À la paroisse St-Jacques de Hanmer, on suggère également de passer déposer un chèque (dans une enveloppe) dans la boite aux lettres du bureau paroissiale ou de l’envoyer par la poste, ou même d’envoyer une série de chèques postdatés.

Le responsable de la paroisse St-Jacques, le père Basile Agré, rappelle que le don fait pendant la quête n’est pas lié à la messe elle-même. «Le don que le chrétien donne à son église, c’est pour l’entretien de son église.» Or, ce sont ces dépenses, pour l’entretien, qui continuent.

Le père Agré évoque une autre source de revenus perdus : les repas communautaires.

Les paroisses seraient peut-être éligibles à des reports des paiements, mais cette négociation devra se faire au niveau du diocèse, car toutes les paroisses sont dans la même situation, souligne le père Agré.

Garder le contact

Le responsable de quatre paroisses dans le diocèse de Timmins, le père Pierre Mafanda Mahuma, responsable de quatre paroisses dans le diocèse de Timmins, fait du mieux qu’il peut pour garder le cap et aider ses paroissiens. «Dans un premier temps, on était comme perdu, comme tout le monde. L’interaction est quelque chose qui manque, mais on essaie un peu de la recréer autrement, comme au téléphone.»

Le père Mafanda est responsable des paroisses Marie-Reine-du-Monde à Matheson, St-Laurent à Ramore, Immaculée-Conception à Val-Gagné et Très-Saint-Rédempteur à Holtyre.

Messes en ligne

D’ici à ce que les églises ouvrent, plusieurs prêtres célèbrent leur messe en vidéo. C’est le cas du père Pierre Mafanda Mahuma. Il a été le premier à offrir cette alternative dans son diocèse et elle a connu un bon succès. Il y a même eu plus de spectateurs qu’à sa messe en ligne que celles à l’église, lance-t-il. «Je dirais que la parole à plus d’écho en ligne.» Il a pu voir qu’il y avait des auditeurs de London, de Montréal et d’outremer.

À North Bay, le père Gérald Lajeunesse veut célébrer la messe du dimanche à 10 h en direct sur Facebook. La première expérience, la messe du 5e dimanche du carême, a été partagée 36 fois et la vidéo aurait été vue plus de 3200 fois.

À St-Jacques de Hanmer, le père Agré se sert présentement du site internet de la paroisse (www.stjacqueshanmer.ca) pour ses annonces et l’homélie. Il aurait bien aimé offrir une messe en ligne lui aussi, mais il n’a pas les outils technologiques pour le faire.