Deux participantes à la marche Reprenons la nuit en 1998.
Deux participantes à la marche Reprenons la nuit en 1998.

Centre Victoria pour femmes : AGA et fin du 25e

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Et quand l’arrêt Jordan se mêle du combat des femmes pour la justice

La fin des célébrations du 25e anniversaire du Centre Victoria pour femmes (CVF) n’ont pas été aussi grandiose que souhaité, mais l’équipe reste satisfaite du chemin parcouru et des obstacles franchis par le centre d’aide pour les femmes victimes de violence. L’organisme s’est taillé une place de choix, entre autres auprès de trois corps policiers.

Le CVF a ajouté un corps policier de la région avec qui elles travaillent pour réviser des cas en lien avec de la violence faite aux femmes. Elles collaborent maintenant avec trois : la Police provinciale de l’Ontario, le Service de police du Grand Sudbury et celui de Sault-Ste-Marie. Ce projet de collaboration est en marche depuis 2017.

«On [revoit] les cas de personnes qui veulent porter des accusations en agression sexuelle afin de revoir les cas et de voir s’il y a eu une analyse suffisante non discriminatoire, non sexiste qui a été apportée à l’enquête», a expliqué la directrice du Centre, Gaëtane Pharand, pendant l’assemblée générale annuelle du 4 novembre. Aussi bien les corps policiers que le CVF apprennent beaucoup en participant à cet échange.

Tout n’est pas rose cependant. Un cas qu’accompagnait le CVF en justice s’est écroulé lorsqu’un juge a mis fin aux procédures pour délais déraisonnables — grâce à l’arrêt Jordan — à la demande de l’un des partis. Ce résultat est d’autant plus décevant que les délais ont en bonne partie été causés par un autre cheval de bataille du Centre : les services en français. Les démarches avaient débuté en 2018.

«Pour des délais des avocats des deux côtés, mais aussi parce que c’était extrêmement difficile d’obtenir des services en français, parce que c’était un lieu de la province moins bien desservi au niveau des services en français», raconte Mme Pharand. «[C]ette femme est doublement victime dans ce contexte», est-il écrit dans le rapport annuel.

En chiffre

Le rapport annuel 2019-2020 de l’organisme indique qu’elles ont donné des services à 187 femmes, répondu à 121 appels, aiguillé 230 femmes vers d’autres services, offert un appui juridique à 20 femmes, mené 565 activités de promotion.

Du côté de la ligne Fem’aide, une collaboration de tous les centres d’aide francophones de l’Ontario, on a répondu à 984 appels et rempli 477 plans de sécurité.

Le Centre a également poursuivi son travail d’éducation auprès des femmes et des jeunes filles avec 130 activités en personnes et en ligne qui ont rejoint environ 3398 femmes.

Un 25e qui finit en queue de poisson

Le début de 2020 devait être une période de célébration pour le centre nommé en l’honneur de Victoria Monkman, une survivante d’inceste. Une célébration pour un centre en lequel trop peu de gens croyaient, rappelle Gaëtane Pharand.

Les activités de collecte de fonds ont permis de recueillir plus de 23 000 $ en dons, comparativement à 5290 $ l’année précédente.

La pièce Les Monologues du vagin, évènement phare du 25e et présenté à peine 10 jours avant le confinement, a attiré 500 spectateurs.

La pandémie a forcé l’annulation des deux dernières activités prévues : une tournée de l’artiste muraliste nord-ontarienne Mique Michelle dans les régions desservies par le CVF et une de la chanteuse québécoise Nathalie Simard. L’assemblée générale annuelle devait aussi être une sorte de Gala. Elle a pris une forme plus modeste avec un modèle en ligne.