Acceptation dans l’adversité

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
Semestre d’hiver à distance

Les étudiants de l’Université Laurentienne devront attendre encore avant de retourner sur le campus. Le Sénat a voté le 20 octobre en faveur d’offrir aussi le trimestre d’hiver 2021 à distance. Comme à l’automne, il y aura moins de 1 % de cours donnés en personne.

Une nouvelle qui n’est pas chaleureusement accueillie par tous. Le Voyageur a demandé à quelques étudiants.es comment l’éducation affectait leur vie et leur santé mentale et comment ils accueillaient la nouvelle.

Eric Hammer, étudiant de 1re année en éducation

Honnêtement, je suis déçu. Mon style d’apprentissage se fait de façon présentielle. J’aime bien avoir l’excuse de sortir de ma chambre et d’être dans un environnement scolaire. J’apprends mieux. Il ne semble plus y avoir une raison pour laquelle je suis à l’école. Ma santé mentale est très dépressive du fait que je ne vois personne ni je ne parle à personne. Je me sens moins capable de participer en classe ou de même y aller.

Julianne Gagnon, étudiante de 3e année en droit et justice

Je me sens comme si ce changement a grandement affecté ma motivation ainsi que ma concentration. Ne pas être dans un environnement de classe entrave mon habileté d’orienter toute mon attention à la conférence et d’écouter activement le professeur, ce qui rend difficile de conserver toute l’information qui m’a été présentée. J’ai également remarqué un changement sur le plan de l’apprentissage. On a l’impression qu’on met moins d’accent sur la compréhension et qu’on accorde plus d’importance aux dates d’échéance, c’est-à-dire s’assurer que le travail est livré à temps. L’anxiété et le stress deviennent de plus en plus présents, aussi, faisant en sorte que l’accomplissement de mes travaux devient encore plus exigeant.

Le fait que cette dynamique continuera lors du prochain semestre me décourage beaucoup, tellement que je continuerai mes études à temps partiel dès le mois de janvier afin de soulager mon stress.

Celina McKinnon, étudiante de 3e année en psychologie

À travers cette pandémie, nous avons vu plusieurs pays ayant de la misère à gérer la propagation du nouveau virus, dont plusieurs gens ont mis de la pression sur leurs gouvernements pour agir. Dans mon opinion, les mesures de sécurité mises en place par notre école, en offrant les classes en ligne, me font sentir comme leur priorité est la santé et sécurité des étudiants. L’Université Laurentienne est une grande école qui accueille plusieurs étudiants. Je ne vois pas comment il sera capable d’évaluer chaque personne en faisant certain qu’ils n’ont pas voyagé, qu’ils ont lavé leurs mains et qu’ils portent un masque sans réduire le montant de personnes sur campus.

Des petites entreprises comme les garderies et les bureaux peuvent tenir comptent des actions des personnes. Il y en a très peu et c’est le même personnel jour après jour. L’Université Laurentienne a une très grande population de gens qui participent chaque jour. Je ne suis pas pressée de retourner au campus autant que j’aimerai ça. J’apprécie les mesures prises par l’administration.

Kyle Bellefeuille, étudiant de 4e année en administration des affaires

Pour être honnête, je me sens plus déprimé que d’habitude dernièrement. Je m’épanouis lorsque j’ai la chance de faire mes travaux en groupe. De plus, j’ai un peu plus de misère à avoir le même niveau de discipline scolaire que l’année dernière, car je me sens souvent encabané.

Il va sans dire que je ne suis pas nécessairement impressionné en entendant la nouvelle du semestre prochain étant officiellement en ligne. Je suis en accord que nos dirigeants doivent faire ce qu’ils ont à faire pour assurer que nous sommes tous en bonne santé, c’est simplement l’une des répercussions que nous, les étudiants, devons subir pour combattre le virus. Il y a plusieurs employés dans l’industrie de la santé qui font leurs parts lors de ces temps difficiles. Pour faire ma part, je dois apprendre à la maison!

Brianna Lamontagne, étudiante de 1re année en éducation

Personnellement, j’aime beaucoup l’éducation à distance. Bien qu’il ait quelques défis qui accompagnent cette nouvelle méthode d’apprentissage, je crois, les avantages surpassent ceux-ci. De nombreux facteurs m’ont poussé à percevoir ce changement de cette façon, tels que l’argent économisé (essence et permis de stationnement), le confort d’être chez soi ainsi que le gain de temps (pas besoin de se rendre à l’école).

Néanmoins, pour ma santé mentale, je crois que l’éducation à distance provoque certains obstacles. Quant à moi, ce nouveau format d’apprentissage augmente surement mon stress et mon anxiété, surtout en raison des incertitudes. Par contre, après avoir pris le temps de m’y habituer, je trouve que ça va mieux. Cela dit, lorsque j’ai reçu la nouvelle du semestre prochain étant officiellement en ligne, j’étais satisfait et prêt à continuer à relever ce défi.

Amy Godin, étudiante de 1er année en éducation (concurrent) avec musique

Être en classe est non seulement la meilleure partie de l’école, mais c’est aussi la manière la plus facile d’apprendre. Avec la plupart des laboratoires annulés — dont plusieurs programmes dépendent —, la plupart des étudiants, d’après mon expérience, se sentent comme la qualité d’éducation est en péril.

En ajoutant à leurs préoccupations, il n’y a aucun rabais de frais de scolarité. Alors, les étudiants payent les frais aux complets pour seulement — ce qui est mon estimation — 70 % de l’éducation qu’ils pourraient avoir en classe. Cela étant dit, je comprends pourquoi l’université a décidé de suspendre les classes en personne. À Sudbury, les cas de COVID-19 montent peu à peu et, malheureusement, ceux qui sont inscrits à l’école postsecondaire ont un grand risque de la contracter.