Le député de Mushkegowuk-Baie James, Guy Bourgouin
Le député de Mushkegowuk-Baie James, Guy Bourgouin

7 janvier : un projet de loi pour marquer une autre journée à l’honneur de la lutte des Franco-Ontariens

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Le Jour de la bataille des épingles à chapeaux

Le député de Mushkegowuk-Baie James, Guy Bourgouin, déposera aujourd’hui un projet de loi privé pour que le 7 janvier en Ontario soit reconnu comme le Jour de la bataille des épingles à chapeaux. 

Cette bataille est un moment marquant de la contestation des francophones de l’Ontario contre le Règlement 17. Le 7 janvier 1916 marque l’affrontement de 30 policiers contre 70 mères et 50 pères pour prendre le contrôle de l’École Guigues d’Ottawa et permettre à leurs enfants de suivre leur cours en français. Dans la confusion, les enseignantes Diane et Béatrice Desloges ont pu entrer dans l’école par une fenêtre pour poursuivre l’enseignement. Les parents monteront la garde à l’école pour le reste de l’année scolaire.

Cette bataille entraina la fin de l’application du règlement 17 à Ottawa et les épingles à chapeaux — une des armes de fortunes utilisées par les mères — deviennent le symbole de la revendication. Plusieurs autres groupes en province s’inspireront de cette bataille pour revendiquer leurs droits et le Règlement 17 cessera d’être appliqué en 1927.

Une professeure d’orthophonie de l’Université Laurentienne qui appuie le projet de loi, Michèle Minor-Corriveau, croit qu’il est important de souligner le courage des mères et des deux enseignantes «à une époque où les femmes n’avaient à peu près aucun statut et encore moins de pouvoir».

Pour la députée de Nickel Belt France Beaudoin et pour la présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), la création de cette journée sera un rappel du combat constant des francophones pour leur langue et leur culture en Ontario. 

Le député néodémocrate ne s’attend pas à de l’opposition  de la part du gouvernement pour l’adoption du projet de loi. «Ce n’est pas un projet de loi qui est partisan. Je ne vois pas pourquoi le gouvernement refuserait un projet de loi comme ça ou le laisserait sur les tablettes. Ils semblent être plus ouverts à aider la population franco-ontarienne.»

Le dépôt d’un projet de loi n’est qu’une première étape. Il y a plusieurs lectures à franchir avant d’être approuvé. Mais Guy Bourgouin espère que le processus sera assez rapide.