Sophia Mathur entourée des députés France Gélinas et Paul Lefebvre lors de l’une des premières grèves de Fridays for Future à Sudbury en 2018.
Sophia Mathur entourée des députés France Gélinas et Paul Lefebvre lors de l’une des premières grèves de Fridays for Future à Sudbury en 2018.

L’élection que façonnera notre avenir

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

Tous les partis qui se présentent aux élections fédérales ont un plan climatique et environnemental, mais ils varient en moyens et en cibles. «Les politiciens qui gagneront cette élection façonneront la législation sur le climat dans tout le pays et façonneront notre avenir», prévient la jeune activiste sudburoise, Sophia Mathur.

L’élève de 9e année à l’école Lo-Ellen et instigatrice du groupe Fridays for Future de Sudbury, préfère ne pas s’associer à un parti politique. L’activiste primée dit qu’il est cependant important d’examiner attentivement les plans des partis. De plus, elle «dit à chaque adulte à qui [elle] parle que le changement climatique devrait être un facteur important dans [leur] vote. La science est importante avant tout.» 

Lorsque l’on parle d’initiative climatique, il est évident pour elle d’essayer d’équilibrer la réalité avec l’ambition. «De toute évidence, nous avons besoin de changement, mais il nous faut un certain temps pour passer à un climat plus sûr», explique-t-elle. 

Comparaison

À tout le moins, tous les chefs des principaux partis affirment que les changements climatiques sont réels et constituent un problème grave qui nécessite une attention particulière. 

Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, dit qu’en tant que père de famille, le changement climatique est l’une de ses plus grandes priorités, même certains de ses députés et des membres de son parti en nient l’existence. D’ailleurs, leur plan est le moins ambitieux.

Les plans des partis peuvent être comparés par leurs objectifs d’émissions de gaz à effet de serre sous les niveaux de 2005 d’ici 2030. Le Parti vert a les plus grandes ambitions avec une réduction de 60 %, même cible que plusieurs groupes environnementaux. 

Les néodémocrates proposent 50 %, ce qui est équivalent aux États-Unis. 

Les libéraux se placent entre 40 et 45 %, ce qui respecte les nouvelles cibles des accords de Paris. 

Les conservateurs proposent une réduction de 30 %, ce qui respecterait l’accord de Paris de 2015. Cette cible est plus basse que la cible actuellement en vigueur au Canada. Les conservateurs sont donc les seuls qui réduiraient les objectifs s’ils sont élus.

En général, la cible de 60 % du Parti vert est interprétée par les experts comme étant un peu irréaliste, car il serait trop couteux et dommageable pour l’économie canadienne de faire une transition aussi rapide. 

Les plans du NPD manquent de détails, mais certains experts pensent que la cible de 50 % pourrait être inutilement couteuse et pourrait finir par être inefficace.

Taxe sur le carbone

Tous les partis proposent de maintenir la taxe sur le carbone, y compris les conservateurs, qui s’y sont opposés depuis sa création. Le but de la taxe est de faire payer les pollueurs pour qu’ils changent leurs habitudes et diminuent leurs émissions. L’argent sera réinvesti dans les technologies plus vertes et l’économie canadienne.

Le plan officiel des libéraux est de faire grimper le prix des émissions de 50 $/tonne en 2019 à 275 $/tonne en 2030, ce qui correspond aux propositions des verts et des néodémocrates — qui manquent tout de même un peu de clarté dans leur plan. 

Le parti conservateur propose 20 $/tonne pour commencer et terminer à seulement 50 $/tonne en 2030 pour les particuliers et 170 $ pour les industries — seulement si les États-Unis et l’Europe font de même. 

Seulement trois partis veulent mettre fin aux subventions pour les combustibles fossiles. Les verts et les néodémocrates le feraient immédiatement tandis que les libéraux les élimineraient progressivement d’ici 2023. 

Finalement, des éléments du plan conservateur qui pourraient faire sourciller certains électeurs, comme la relance de projets d’oléoducs. 

Les candidats locaux s’affrontent

Des candidats fédéraux de Sudbury et Nickel Belt ont participé à un débat sur les enjeux environnementaux organisés par GreenPac 100 Débats sur l’environnement le 9 septembre. Aucun des candidats conservateurs ne s’est présenté ou n’a fait de déclaration. 

Le candidat de Sudbury pour le Parti vert, David Robinson, et son collègue Craig Gravelle de Nickel Belt étaient présents de même que les deux candidats libéraux, Marc Serré (Nickel Belt) et Viviane Lapointe (Sudbury) ainsi que les deux candidates néodémocrates Andréane Chénier (Nickel Belt) et Nadia Verrelli (Sudbury) étaient présents. 

En général, tous les candidats ont convenu qu’il fallait faire davantage pour lutter contre le changement climatique.

Mme Verrelli et Mme Chénier ont proposé de mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles et de faire pression pour des mesures de responsabilisation plus strictes dans le projet de loi C-12 afin d’assurer qu’il va dans la bonne direction. 

M. Serré et Mme Lapointe ont dit tout d’abord qu’ils veulent entendre la voix des scientifiques, des activistes et de la jeunesse pour en savoir plus sur les enjeux de leur région et écoutent sérieusement ce que les gens ont à dire et ne reculeront pas devant leurs suggestions. On peut revoir la discussion à partir de la page Facebook de reThink Green.