Ce sera sur l’avenue Laurier, au Cordon Bleu Ottawa, que la prochaine cohorte du nouveau baccalauréat spécialisé en sciences intégrées des aliments de l’Université d’Ottawa suivra une partie de ses cours.
Ce sera sur l’avenue Laurier, au Cordon Bleu Ottawa, que la prochaine cohorte du nouveau baccalauréat spécialisé en sciences intégrées des aliments de l’Université d’Ottawa suivra une partie de ses cours.

Un nouveau baccalauréat à l’UOttawa pour gourmets… anglophones

Les francophones devront attendre un an de plus

Un nouveau baccalauréat spécialisé en sciences intégrées des aliments, d’une durée de trois ans et orchestré en partenariat avec l’institut Le Cordon Bleu International, est désormais offert à l’Université d’Ottawa (UOttawa). Il s’agit de la première université canadienne à accueillir une école Cordon Bleu. La COVID-19 force toutefois le report du début des cours en anglais à septembre 2021, alors que les francophones devront attendront jusqu’en 2022.

Moyennant 40 000 $ par année — les étudiants ne sont pas admissibles aux bourses d’études de l’Université d’Ottawa, ni à l’aide financière canadienne dans le cadre de ce programme de partenariat privé — les diplômés se verront offrir une formation unique en arts culinaires jumelée aux sciences de l’alimentation, de la nutrition et au service à la clientèle, en mettant l’accent sur l’innovation et la créativité. Les étudiants alterneront entre le campus de l’UO et les cuisines du Cordon Bleu pour recevoir leurs cours.

Projet pilote

Si le site Web du programme ne fait nullement mention d’un projet pilote, les responsables des communications assurent qu’il s’agit bien d’un premier test. Chez Cordon Bleu Ottawa, la directrice du markéting Nathalie Gelineau parle de ce nouveau baccalauréat comme étant «le fruit de longues années de travail et de discussions».

L’entente prévoyait une première cohorte anglophone en 2020, mais la COVID-19 est venue chambouler cet échéancier. Le site Web du programme ainsi que les employés du bureau des études de la Faculté des sciences de la santé de l’UOttawa persistent à dire que le tout débutera en septembre 2020, alors que Le Cordon Bleu et le service des communications de l’université annoncent le report du programme pour la rentrée de septembre 2021 (toujours 2022 pour les francophones).

Les francophones servis après les anglophones

La gestionnaire des relations médias Isabelle Mailloux Pulkinghorn explique que «le personnel du Cordon Bleu Ottawa étant unilingue anglophone», l’entente initiale prévoyait déjà ce décalage entre francophones et anglophones.

Pourtant, Nathalie Gelineau précise que «tous les professeurs du Cordon Bleu Ottawa sont de langue maternelle française». Elle répète deux fois plutôt qu’une que «le Cordon Bleu a l’habitude de dispenser ses programmes dans un environnement multilingue, incluant par exemple des traducteurs au sein de ses cours dans une variété de pays».

La directrice markéting du Cordon Bleu Ottawa, Nathalie Gelineau.

En raison du cout élevé du programme, l’Université d’Ottawa miserait peut-être davantage sur une clientèle internationale au détriment d’une clientèle plus locale, voire francophone. «Nous espérons que notre partenariat grandira et amènera d’autres projets», précise Nathalie Gelinveau.

Selon Isabelle Mailloux Pulkinghorn, l’Université d’Ottawa s’assure d’offrir un environnement d’apprentissage bilingue. «Mais il arrive que dans certains cas des cours ne soient disponibles que dans une langue, en français ou en anglais, notamment aux cycles supérieurs», ajoute-t-elle.

Des écoles à travers le monde

Selon Katharyn Shaw, rattachée au bureau des affaires internationales au sein du Cordon Bleu Ottawa, ce type d’entente avec des universités existe depuis une dizaine d’années. Le Cordon Bleu, réseau international d’instituts d’arts culinaires et de management hôtelier, a des partenariats notamment avec l’Université Sookmyung en Corée du Sud, l’Université Anahuac au Mexique ou encore l’Université de Reims Champagne-Ardenne en France.

À l’Université d’Ottawa, le programme offrira notamment des cours sur la nutrition, les sciences de l’alimentation, les techniques culinaires, la microbiologie ou encore la psychologie. À la fin de leur troisième année, les étudiants devraient être en mesure «d’assumer des rôles et des responsabilités majeurs dans les restaurants, l’industrie alimentaire et les établissements de soins de santé afin de fournir des aliments nutritifs, sécuritaires et appétissants répondant aux besoins spécifiques du client, telles les croyances culturelles, les allergies, les intolérances alimentaires et restrictions alimentaires liées à certaines maladies», peut-on lire sur le site web du programme.

Les cours seront donnés pour un maximum de 14 étudiants par classe avec les meilleurs spécialistes dans leur domaine.