Troubles de sommeil, anxiété et cyberdépendance : les jeunes Ontariens affectés par la pandémie

Diana Ombe
Diana Ombe
Initiative de journalisme local - APF
Environ trois jeunes sur cinq ont vu leur santé mentale se détériorer depuis le début de pandémie

Environ trois jeunes sur cinq ont vu leur santé mentale se détériorer depuis le début de pandémie, conclut un sondage Ipsos réalisé en Ontario et publié en mai 2020. Pour faire face à cette problématique grandissante, le gouvernement et les écoles ont décidé de faciliter l’accessibilité aux services de thérapie et de soutien psychologique, tout en augmentant le personnel disponible. 

Plus de 59 % des parents ont observé des changements de comportements chez leurs enfants depuis le début de la pandémie, selon le sondage Ipsos. Les plus fréquents seraient des troubles de sommeil, des changements dans les habitudes alimentaires, des crises ou de l’irritabilité extrême et des difficultés de concentration.

Des problèmes qui n’ont pas forcément diminué malgré le retour à l’école des jeunes Ontariens : «La majorité des élèves se sont bien ajustés à leur nouvelle réalité. Cependant, certains ont eu besoin de plus d’appui dans les sphères scolaire, sociale et voire même familiale, ainsi qu’au niveau personnel pour faire face à la situation», constate le surintendant de l’éducation et chargé des dossiers liés à la santé mentale et au bienêtre au sein du Conseil scolaire Viamonde, Hugues Kamga Wambo.

Hugues Kamga Wambo, surintendant de l’éducation et chargé des dossiers liés à la santé mentale et au bienêtre au sein du Conseil scolaire Viamonde.

M. Wambo remarque aussi que la pandémie a été déstabilisante et parfois synonyme d’une perte de repères pour les élèves vulnérables. «Nous avons constaté que certains élèves rencontraient divers problèmes liés à la santé mentale : augmentation du stress, anxiété, humeur dépressive, dépendance aux jeux en ligne et cyberdépendance.»

Des services insuffisants

Pour la présidente du conseil de représentation de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Fiona Labonté, les services en santé mentale étaient déjà rares au sein des écoles secondaires. La pandémie et l’isolement pourraient avoir amplifié les troubles mentaux préexistants.

Fiona Labonté, présidente du conseil de représentation de la Fédération de la Jeunesse franco-ontarienne.

«Le manque de services et le manque d’accès à ceux qui existent étaient déjà un défi avant la pandémie et celle-ci n’a fait qu’amplifier la problématique. Comme communauté, nous devons travailler avec les décideurs publics pour trouver des solutions afin d’améliorer la situation pour nos jeunes», estime Fiona Labonté.

Cette opinion est partagée par la présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy. «La santé mentale est définitivement un enjeu pour les élèves et pour le personnel en ce moment. Des organisations comme Santé mentale en milieu scolaire Ontario (SMSO) et l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) offrent un appui aux conseils scolaires. L’AEFO s’attend à ce que les conseils scolaires facilitent l’accès aux services d’appui pour les élèves.»

Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens.

Un investissement qui tombe à point nommé 

Le 21 octobre, le gouvernement de l’Ontario a annoncé l’investissement de 24,3 millions $ pour la santé mentale des enfants et des jeunes.

Ces fonds, provenant de l’enveloppe de 176 millions $ du projet Vers le mieux-être, serviront à embaucher du personnel supplémentaire, à améliorer l’accès aux services de counseling et de thérapie, à mettre en place de nouveaux programmes pour la gestion du stress, de la dépression et de l’anxiété, et à s’attaquer aux troubles alimentaires et aux autres problèmes auxquels se heurtent les enfants et les jeunes.

Pour Hugues Kamga Wambo, cette initiative gouvernementale tombe à pic puisqu’il travaille actuellement sur des moyens de maximiser la résilience et la capacité des élèves à faire face à l’incertitude et aux nombreux changements suscités par la pandémie.

«Au travers de ce financement, nous continuerons de recruter du personnel en travail social, de mettre en place des programmes pour diminuer l’anxiété chez les jeunes, d’accompagner le personnel enseignant pour qu’ils demeurent le premier soutien des élèves en matière de santé mentale et, enfin, de développer des projets axés sur le bienêtre selon les besoins spécifiques des écoles», félicite Hugues Kamga Wambo.