L’enseignante Isabelle Racine, au micro, et d’autres membres du personnel de l’école ont organisé l’activité pour financer le voyage des jeunes.
L’enseignante Isabelle Racine, au micro, et d’autres membres du personnel de l’école ont organisé l’activité pour financer le voyage des jeunes.

Quatre étudiantes veulent partir à l’aventure

Michèle Alderton
Michèle Alderton
Initiative de journalisme local - APF
L’enseignante de l’École catholique des Étoiles-du-Nord à Red Lake, Isabelle Racine, planifie un voyage mémorable de fin d’année pour ses élèves de 8e année.

Du 27 mai au 7 juin, les quatre adolescentes accompagnées par Mme Racine iront visiter pour la première fois de leur vie les villes de Montréal et d’Ottawa, à la découverte du patrimoine et de la culture francophone.

«Je crois que ce voyage aura un impact majeur sur mes élèves, prévoit Mme Racine. Durant onze jours, elles vont vivre dans un environnement bilingue et vont rapidement prendre conscience de l’importance de garder leur français, non seulement pour les opportunités d’emplois, mais aussi pour profiter pleinement de la culture francophone.»  

«Elles ont très hâte de voyager en train et en métro et d’assister à des spectacles en français! Pour les jeunes qui vivent dans des grands centres, ceci peut sembler bien ordinaire, mais pour quelqu’un qui n’a jamais eu cette expérience, c’est toute une aventure!» s’enthousiasme la professeure.

Les jeunes filles ont particulièrement hâte de visiter les attractions majeures telles que le Centre Bell, La Ronde, le Parlement du Canada et le Musée canadien de l’histoire. 

La persévérance des francophones

Red Lake est une ville de 4200 habitants du Nord-Ouest de l’Ontario, majoritairement anglophone, située au cœur de la forêt boréale et entourée de lacs vierges à perte de vue. L’extraction de l’or, la sylviculture et le tourisme soutiennent son économie. Il faut conduire 24 heures pour atteindre Montréal et un peu plus de cinq heures pour se rendre à Winnipeg.  

D’après les plus récentes statistiques, 4,4 % de la population de Red Lake parle français. Environ 50 % des résidents sont originaires du Nord et Nord-Est de l’Ontario, de régions telles que Sudbury et Hearst, tandis que 20 % viennent du Québec, 20 % du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, 10 % du Sud de l’Ontario, des autres provinces canadiennes et d’à travers le monde. 

Mme Racine remarque qu’à Red Lake, les enfants ont rarement l’occasion d’entendre ou de parler la langue française au-delà des murs de l’école. La majorité des 37 élèves inscrits à l’école francophone grandissent dans des foyers exogames où l’anglais est la langue la plus souvent parlée.

Il n’y a pas d’école secondaire francophone ni de programme d’immersion française à Red Lake et peu d’entreprises offrent des services en français. La langue française a donc très peu de visibilité dans la communauté. Pour les jeunes, rester bilingue au-delà de l’école primaire demande beaucoup de persévérance.

La communauté répond présente

Même si ce voyage exige beaucoup de temps et d’énergie de sa part, Mme Racine croit fermement qu’il mérite ces efforts. Le cout du voyage est estimé à 12 000 $ au total et amasser un tel montant dans une petite communauté, c’est du travail. Avec l’appui du personnel de l’école, des élèves et de leurs familles, elle organise régulièrement des collectes de fonds, telles que les ventes de jerky et la Legion Meat Draw, qui a rapporté plus de 1 400 $.     

Les viandes de la Legion Meat Draw sont toutes données par des épiceries locales.

Le dévouement exceptionnel de Mme Racine envers ses élèves ne passe pas inaperçu : cinq mois avant leur départ, la communauté a déjà contribué à la hauteur de 9 000 $ à leur campagne de financement. «Ça va bien, et j’apprécie énormément la générosité et l’encouragement continuel que nous recevons. Sans cet appui, le voyage ne serait pas possible», conclut l’enseignante.