Un élève de l’École secondaire catholique l’Horizon avec un slogan pour la sensibilisation contre le taxage.
Un élève de l’École secondaire catholique l’Horizon avec un slogan pour la sensibilisation contre le taxage.

«Personne ne mérite d’être taxé» — Alexandra Langlois

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
24 février, Journée du chandail rose

La journée du chandail rose est célébrée le 24 février au niveau international. Une journée remplie de rose, d’activités et de discussions dans plusieurs écoles élémentaires et secondaires pour sensibiliser les élèves contre le taxage et l’intimidation. Une journée qui nous rappelle que ce problème est toujours présent et qu’il faut chercher des solutions. 

L’histoire commence en 2007 lorsque David Shepherd et Travis Price ont commencé à lutter publiquement contre l’intimidation homophobe en portant un chandail rose après qu’un «élève s’est fait taxer à l’école puisqu’il portait un chandail rose», rappelle un enseignant à l’École catholique La Renaissance d'Espanola, Stephen Montgomery. «Ce n’est pas juste de porter le chandail rose. On doit éduquer les élèves sur qu’est-ce qu’il est acceptable et non-acceptable. Les élèves devraient se sentir à l’aise de venir à l’école», dit-il. 

«C’est important pour la santé mentale des élèves, d’en parler. Personne ne mérite d’être taxé», dit la première ministre du parlement des élèves de l’École catholique La Renaissance, Alexandra Langlois.

«C’est un rappel à toutes les personnes qui sont dans une école et pour tous ceux dans notre société que le taxage est un problème. Ça se passe encore. En tant que famille à l’école, on doit se tenir ensemble pour que ça cesse», dit une enseignante au Collège Notre-Dame, Renée Dupuis. 

«C’est important de démontrer que nous sommes là pour nos amis qui ont besoin d’aide et que n’importe qui peut porter du rose sans se faire intimider», dit un élève de la 7e année à l’École élémentaire catholique Saint-Joseph de Sturgeon Falls, Cayden Hill.

Plus en ligne de nos jours

«La majorité des élèves au secondaire ont un téléphone maintenant. Ce n’est plus autant en personne comme des coups de poing ou des noms, mais il s’agit maintenant des photos ou des vidéos manipulées qui circulent. Ils peuvent rire de leurs apparences, intelligence ou sexualité», explique Renée Dupuis. 

«C’est plus facile de dire des choses puisqu’on se cache derrière des écrans», dit Alexandra Langlois. Elle se souvient d’une expérience qu’elle a vécue il y a quatre ans, lorsqu’elle était en 9e année.

«La classe de 12e a choisi une élève et ils l’ont intimidée en ligne. Ils voulaient voir si les élèves voulaient dire quelque chose. Ça m’a beaucoup fâché. Je ne savais pas pourquoi mes amis feraient ça à une autre personne », dit-elle. L’expérience s’est terminée lorsque des élèves ont parlé de la situation à des adultes. 

«Il y a plus de taxage maintenant. Ou peut-être que je le remarque plus, car je suis plus vieille maintenant. Mais quand j’étais plus jeune, je ne voyais pas ça. Selon moi, la majorité de l’intimidation se passe sur les réseaux sociaux et avec de la technologie», avance une élève de la 7e année à l’École élémentaire catholique Saint-Joseph de Sturgeon Falls, Danika Rondeau.

Des initiatives qui appuient la lutte contre le taxage 

L’École catholique l’Horizon lancera une campagne cette semaine pour sensibiliser les élèves contre l’intimidation. Son Comité Uni lancera des activités et des présentations d’histoires et de statistiques au fil de la semaine. 

«De beaux messages nous aident à nous bâtir comme personne. Seulement un commentaire négatif le détruit. Chaque personne a besoin de dix commentaires positifs pour un commentaire négatif», explique une enseignante à l’École secondaire catholique l’Horizon de Val Caron qui participe au Comité Uni, Danielle Paquette-Raymond.  

Les initiatives qui encouragent la discussion au sujet du taxage ont porté fruit au fils des années selon les membres du personnel scolaire. «Je pense que les élèves connaissent, ou ont une meilleure idée maintenant des conséquences du taxage», dit Renée Dupuis.