Pas question de reporter les cérémonies de finissants

Quels choix s'offrent alors aux écoles?

Aucune école secondaire du Nord ne semble avoir voulu suivre la suggestion du ministre de l’Éducation de reporter les cérémonies de finissants à l’été ou l’automne. Par conséquent, divers types de célébrations émergent et sont annoncées pour la fin juin, adaptés aux capacités de chaque école.

Toutes les directions avec qui nous avons parlé soulignent que, pour donner une chance égale aux élèves de participer, reporter la cérémonie à plus tard n’était pas une option. Par exemple, les élèves qui iront étudier ailleurs en province ne pourront peut-être pas participer à une cérémonie à l’automne. «Célébrer une cérémonie à l’automne ou l’année d’après, ça n’a plus le même cachet. Ils ont pour leur dire que c’est passé, c’est fini, ça sert à quoi», expose la directrice de l’École secondaire catholique du Sacré-Cœur, Suzanne Lapointe.

De plus, il n’y a aucune garantie qu’il sera possible de se rassembler même à l’automne, alors il était préférable de ne pas créer un espoir et de le retirer une fois de plus, ajoute Mme Lapointe.

Les cérémonies de finissants marquent la fin d’une étape importante et le personnel des écoles veut offrir cette même chance à cette cohorte. «Surtout cette année, ça a été difficile pour ces jeunes-là et la plupart de nos jeunes en 12e année ont vraiment relevé le défi», insiste le directeur de l’École secondaire Hanmer, Jean Bigras.

«On est tous un peu attristés pour cette pauvre cohorte d’élèves qui ont vécu les tumultes de cette année», renchérit le directeur de l’École secondaire catholique Thériault de Timmins, Yves Poitras, en faisant référence à la pandémie, mais aussi à la grève des enseignants, entre autres.

Choix limités

Avant d’arrêter leur choix, toutes les écoles et conseils scolaires sont passées par un processus de réflexion et d’élimination. Pour des plus petites écoles, comme l’É.s. Hanmer, la possibilité de réunir ses 19 finissants dans leur grand gymnase a été explorée, mais rapidement éliminée. Même si toutes les précautions étaient prises pour garder deux mètres de distance entre chaque famille, il aurait été difficile d’empêcher les amis qui ne se sont pas vus depuis des semaines de vouloir se rapprocher à moins de deux mètres.

Les écoles secondaires du Conseil scolaire catholique Nouvelon (CSCNO) ont fait le choix commun de tenir des cérémonies virtuelles en y ajoutant chacune une touche personnelle.

À l’É.s.c. du Sacré-Cœur à Sudbury, les élèves recevront une trousse de graduation en passant chercher leurs effets personnels restés à l’école. Cette trousse leur servira le 25 juin lors de la cérémonie virtuelle privée, déposée sur YouTube.

D’ici là, cette école — et les autres écoles du CSCNO — rend hommage à sa quarantaine de finissants sur les réseaux sociaux. «On veut les présenter à la communauté, on veut reconnaitre que, malgré la situation, on est solidaire avec eux et on tient à les célébrer à la fin de leur année scolaire», propose Suzanne Lapointe.

Service presqu’au volant

D’autres écoles ont préféré organiser une cérémonie se rapprochant le plus possible de la normale. À l’É.s. Hanmer, on a finalement décidé d’accueillir les élèves et leur famille, un à la fois, devant l’école, tout en respectant les règles de distanciation, le 23 juin.

Chaque élève aura son 15 minutes de gloire, explique le directeur Bigras. «On va leur donner leur propre discours individualisé avec leurs mérites scolaires, etc.»

L’É.s.c. Thériault a choisi la même approche, mais avec un peu plus de 140 élèves, le tout doit se dérouler beaucoup plus rapidement. En consacrant 4 minutes par élève, Yves Poitras s’attend tout de même à une cérémonie de plus de 9 heures le 18 juin. L’école a fait les démarches nécessaires pour faire approuver son plan par le Bureau de santé publique Porcupine.

Tout sera filmé avec quatre caméras et diffusé, permettant aux élèves «de suivre ses amis même s’ils ne sont pas là». Les discours habituels, comme celui du maire ou la bénédiction de l’évêque, seront plutôt affichés sur les médias sociaux de l’école au cours de la journée.

«On trouvait important que chaque élève puisse avoir la chance de monter sur l’estrade, d’avoir la chance de se faire reconnaitre», insiste M. Poitras.

Malgré tous ces efforts, une déception restera chez les élèves : pas de bal des finissants.