Samuel Boily-Dufour
Samuel Boily-Dufour

Les défis s’accumulent pour les athlètes universitaires

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
Témoignage de Samuel Boily-Dufour, un nageur universitaire inscrit à l’Université Laurentienne.

Les athlètes universitaires ont déjà, en temps normal, le défi de jumeler leur horaire d’entrainement avec leur horaire d’études. La pandémie a ajouté un niveau de difficulté et d’inquiétude pour Samuel Boily-Dufour, un nageur universitaire inscrit à l’Université Laurentienne.

Avec les évènements sportifs universitaires annulés pour les associations, les athlètes ont seulement la possibilité de s’entrainer sans savoir quand ils participeront de nouveau à une compétition. Samuel affirme que la pandémie ajoute de nombreuses difficultés pour les athlètes. «C’est très difficile de se sentir motivé. Je suis motivé à l’idée de revenir à la compétition.»

Il s’inquiète également de l’impact financier de la pandémie sur les programmes de natation. Il se demande même si les programmes de natation survivront «Personne ne regarde ça tout de suite», souligne-t-il.

Natif de Sarnia, M. Boily-Dufour détient un baccalauréat en éducation physique et santé de l’Université Laurentienne depuis le mois d’avril. Il est de retour à Sudbury pour sa formation d’enseignement dans le programme d’éducation consécutive, un programme de deux ans, tout en continuant la natation.

Jumeler le sport avec ses études a toujours été un défi. La natation, en particulier, est un des sports qui demandent plus de temps pour un athlète. «La clé a toujours été les habitudes, alors rester sur un horaire. C’est plus facile à répéter, comme n’importe quel entrainement. Il est aussi important de désigner un beau montant de temps à avoir du fun, parce que c’est extrêmement stressant.»

«J’ai surtout eu beaucoup de difficulté en finissant [mon baccalauréat] en quatre ans. Beaucoup de nageurs le font en cinq ans. C’est comme un art, car le sport est tellement difficile. C’est comme un investissement, ça prend tellement de temps. Tu t’entraines presque 23 heures par semaine», raconte-t-il.

Bien qu’il vienne de Sarnia, la Laurentienne était le choix le plus logique pour ses études. «J’ai toujours voulu faire des études postsecondaires en français. Donc, j’avais soit le choix entre la Laurentienne et Ottawa. […] J’aimais pas Ottawa […] fait que j’ai décidé de visiter Sudbury.»

«Il y a littéralement un montant infini de terre. [Sudbury est] comme une grosse cour. L’idée d’être claustrophobe dans une grande ville comme Ottawa et se sentir pris n’était pas idéale pour moi, alors la Laurentienne m’allait bien. Tu as encore le big city feel, alors tu peux sortir avec tes chums au centre-ville par exemple, et tu peux retourner [à la Laurentienne.]»

M. Boily-Dufour affirme que les petites classes et équipes ont beaucoup aidé ses études ainsi que sa santé mentale. «À la Laurentienne, tu n’es pas un numéro. Tu es une personne. Ça donne beaucoup d’opportunités. Ça m’a désassocié un peu à la toxicité d’être juste un nageur et de me torturer mentalement.»

Guerre contre les études en français?

L’Université Laurentienne a annoncé cet été la suspension des admissions pour 17 de ses programmes, dont plusieurs en français. Samuel craint que cette décision ait un impact négatif sur la qualité de l’éducation en français au Canada et pourrait encourager plusieurs francophones à s’inscrire aux écoles anglophones.

Un des programmes affectés par ces nouvelles est l’éducation physique et santé, celui dont il est lui-même diplômé. «Ç’a pas d’allure. C’est capotant! On parle du français. Ça nous réunis!», s’exclame-t-il.

Il explique que le programme d’éducation physique est l’approche parfaite pour quelqu’un qui désire exceller dans le domaine de la kinésie humaine «sans avoir les habiletés calculatrices de quelqu’un qui fait de la chimie ou la physique».

«Je n’aurais pas été capable de graduer avec n’importe quel autre programme. Il a été nécessaire.»