Les cours à distance : une mutation de l’enseignement

Martin Laruelle
Martin Laruelle
Initiative de journalisme local - APF
Depuis le début de la pandémie, le passage de l’apprentissage en personne au virtuel demande une grande souplesse du corps enseignant.

«C’est un contexte qui présente des défis de part et d’autre. Il faut savoir naviguer avec ça», explique la présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy. Le gouvernement ne serait pas assez conciliant à son avis à propos des cours à distance et une liberté de jugement devrait reposer sur les épaules des enseignants.  

Des méthodes différentes  

Pour l’enseignante de deuxième année à l’école élémentaire Saint-Michel de Scarborough, Nadine Archambault, les cours en ligne ont modifié sa façon d’enseigner. À distance, les classes se font majoritairement par la parole. «C’est un des impacts sur notre travail maintenant. Tout doit passer par les mots et moins par les gestes et les actions. On peut moins pratiquer les exercices», dit-elle. 

Des méthodes différentes sont employées. Par exemple, Mme Archambault réalise des capsules vidéo sur YouTube afin de partager son enseignement avec ses élèves et ses collègues. 

L’enseignante de deuxième année à l’école Saint-Michel de Scarborough, Nadine Archambault.

Durant les cours à distance, des pauses régulières sont prévues. L’enseignante demande à ses élèves de bouger en dansant ou en réalisant des «quêtes» spécifiques hors cours. 

Même si les tâches sont différentes, les activités se ressemblent, note-t-elle. Par contre, elle éprouve une grande difficulté à faire travailler les élèves entre eux. 

Un défi informatique

La transition vers les cours à distance a soulevé des défis liés à l’informatique, explique Nadine Archambault. Certaines familles n’ont pas les outils technologiques ou les dispositions financières nécessaires pour suivre les cours en ligne. 

Un sondage destiné aux parents et réalisé par le Conseil scolaire MonAvenir a permis d’anticiper l’annonce du retour de l’enseignement à distance et de subvenir aux besoins des familles afin de leur prêter du matériel technologique.  

«Notre conseil met à disposition des ordinateurs aux enfants qui en manquent. On a mis en place un programme pour offrir une connexion internet aux familles qui n’ont pas ce service à la maison», enchaine l’enseignante.  

Garder l’attention de l’élève

En aout dernier, le ministère de l’Éducation de l’Ontario a fait une mise à jour des exigences pour les cours à distance, dont une durée minimum de cours en mode synchrone (en direct). «La réalité est complètement différente, exprime Mme Vinet-Roy. Ce n’est pas évident de garder la concentration des enfants pendant [de longues] minutes. De plus, cela occasionne des problèmes pour les familles, puisque les parents doivent travailler et s’occuper de leurs enfants en même temps.»  

Dans cette même mise à jour, le ministère de l’Éducation mentionne le recours à des cours asynchrones (capsules vidéo préenregistrées). Pour Anne Vinet-Roy, la méthode est efficace parce qu’elle permet aux enfants et aux parents de les visionner à leur convenance.