L’EMNO peaufine son avenir

Venant Nshimyumurwa
Venant Nshimyumurwa
IJL – Réseau.Presse – Le Voyageur

Manque de médecins, toxicomanie, taux plus élevés qu’ailleurs en province de suicide, de diabète, de maladies chroniques complexes et d’obésité … Les défis qui attendent les finissants de l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) qui resteront dans la région sont et resteront nombreux. Pour cette raison, la future nouvelle université se prépare à affronter son avenir.

La doyenne et directrice générale, Dre Sarita Verma, vient de sillonner les villes du Nord, dont notamment Thunder Bay, Sudbury, North Bay, Timmins, Sault-Ste-Marie et Rosseau (Parry Sound-Muskoka). Son but : recueillir des points de vue sur la transition de cette l’institution qui vise l’amélioration de la santé dans le Nord.

Cette consultation est devenue essentielle après l’adoption par le gouvernement de l’Ontario le 3 juin 2021 d’une loi faisant de l’établissement une université indépendante. Elle était auparavant rattachée à l’Université Laurentienne et l’Université Lakehead de Thunder Bay pour l’attribution des grades. Elle deviendra ainsi la première université autonome de médecine au Canada.

Persistance de défis en santé

Lors de ses exposés des participants en présentiel et en ligne, la directrice générale de l’EMNO a partagé des informations sur les défis de santé toujours observables dans le Nord de l’Ontario et que la future université devra affronter pour trouver des solutions. 

La région connait une pénurie de professionnels de la santé. Il en résulte que la population du Nord de l’Ontario est plus susceptible d’être en mauvaise santé, d’éprouver de la difficulté à accéder à des soins et de mourir plus tôt que celle d’autres régions de la province.

Le Nord de l’Ontario enregistre des taux plus élevés de suicide, de diabète, de maladies chroniques complexes et d’obésité. Le taux de suicide chez les jeunes autochtones est six fois plus élevé que chez les jeunes non-autochtones du Canada.

Les problèmes mentaux et de toxicomanie dans le Nord font aussi partie de ses plus grands défis. Le Nord-Est et le Nord-Ouest de l’Ontario affichent les deux plus forts taux de décès liés aux opioïdes dans la province.

Pour y remédier, selon l’EMNO, le Nord de l’Ontario a besoin d’au moins 313 médecins travaillant à temps plein, dont 126 médecins de famille (86 dans des communautés rurales). Cette partie de la province a aussi besoin de 160 spécialistes agréés par le Collège royal dans diverses disciplines, comme la psychiatrie, la médecine générale interne, la pédiatrie, la médecine d’urgence et l’anesthésie. 

Tournée terminée

La série de consultations a démarré le 8 octobre à Thunder Bay et s’est terminée le 11 novembre dans la région de Parry Sound-Muskoka. Ceux qui ont assisté aux rencontres de consultation et quiconque intéressé à donner son avis peuvent envoyer des commentaires à nosmu@nosm.ca ou partager leurs points de vue dans un sondage en ligne de l’EMNO.

Pour son défi 2025, l’EMNO s’était donné quatre orientations stratégiques. Premièrement, transformer la planification des ressources humaines en santé. En second lieu, faire progresser la responsabilité sociale. Troisièmement, innover dans la formation dans les professions de la santé. Enfin, renforcer la capacité de recherche dans le Nord de l’Ontario. Le statut de ces orientations, leurs maintien ou leurs modifications, est au cœur des consultations.

L’EMNO recherche également des idées de partenariats qui aideraient la nouvelle université à avoir des programmes de formation et de recherche socialement responsables et à militer pour l’équité en santé. Globalement, les répondants pourront partager toutes les idées susceptibles d’assurer la réussite de la nouvelle université.

Créée pour répondre à un problème

L’EMNO a été établie en 2002 comme une partie de la solution à de la pénurie chronique de médecins dans le Nord de l’Ontario. Son mandat est d’améliorer la santé de la population de cette partie de la province en mettant l’emphase sur les populations autochtones, francophones et des régions rurales éloignées. 

Depuis son ouverture en 2005, l’école a produit plus de 780 médecins dont la moitié se sont établis dans le Nord de l’Ontario, la majorité à Sudbury et à Thunder Bay. Parmi ces diplômés, 55 se disent autochtones et 165 se disent francophones.

L’EMNO estime que plus de 250 000 personnes reçoivent des soins d’un médecin formé à l’EMNO depuis 2011.