Une des œuvres d’Emma Bailey
Une des œuvres d’Emma Bailey

L’art : médium de croissance personnelle

Marc Dumont
Le Voyageur

Le Centre d’éducation des adultes de New Liskeard a lancé virtuellement le 11 mars une exposition d’œuvres réalisées pendant un cours d’art offert dans le cadre de l’initiative provinciale (Initiative de jonction écoles-collèges-milieu de travail). 

À cause de la pandémie, le Centre avait dû fermer au beau milieu du cours et les élèves ont continué en mode alternatif. Des 10 élèves inscrits au cours, 6 ont pu terminer le programme. 

Une élève de 17 ans, Emma Bailey, s’est particulièrement investie jusqu’à la fin : «J’ai vraiment aimé ça : une belle expérience! Ce cours nous rendait confortables, c’était relaxant. Il y avait beaucoup d’ouverture d’esprit, ce qui faisait que tu pouvais te laisser aller à tes émotions». Le cours comprenait 6 modules et ce qu’Emma a préféré est de faire des dessins selon une technique chinoise.

Son succès, Emma l’attribut en bonne partie à son enseignante, Anne-Denise Mejaki. «Elle est formidable, gentille. Elle sait écouter et être là pour toi. Si tu as un problème, elle te rend confortable», confie Mme Bailey. Elle n’hésiterait pas à conseiller à sa meilleure amie de suivre le cours : «C’est un cours où tu prends ton temps. Il n’y a pas de négatif; rien n’est mauvais, tout est bon.»

Emma Bailey

Emma Bailey a-t-elle l’intention d’étudier en art? Elle ne le sait pas. À la maison, elle a une petite chambre où elle peint : «J’adore ça! Quand je fais de l’art, c’est un peu comme de  la méditation. Ça me permet d’être courageuse, de garder des pensées positives même s’il y a du négatif. Puis je regarde toutes les vidéos que je peux pour tout apprendre.»

Lors du vernissage, Emma Bailey a été un des «coups de cœur». Les visiteurs qui ont eu la chance de visiter le centre pour voir les œuvres ont identifié leurs trois œuvres préférés. Chaque élève en exposait six. 

Les visiteurs ont souvent été embêtés : «Il y en a trop que j’aime; être obligé d’en choisir juste trois : c’est difficile». Les visiteurs s’entendaient cependant tous pour remarquer que le corridor où les œuvres sont exposées est beaucoup plus accueillant, plus chaleureux. 

Le succès du cours revient largement à l’enseignante, Anne-Denise Mejaki. Une artiste bien connue dans la région. Elle apprécie la vision du Centre qui reconnait l’élève comme un individu. «Notre enseignement affecte le développement et l’épanouissement de l’élève», dit-elle.

L’enseignante Anne-Denise Mejaki

Elle donne l’exemple de l’un de ses apprentis qui est bien plus à l’aise avec une clé de mécanicien : «Son trait de crayon est fort. Il apprend à développer du contrôle, à ajouter de la douceur. Et il ajoutera de la douceur dans sa façon d’agir». Ou encore pour une perfectionniste qui doit apprendre que l’art peut se faire dans la joie. «Apprendre à se laisser aller avec enthousiasme et se perdre dans la joie de créer», ajoute Anne-Denise.

La coordonnatrice du Centre, Peggy Morin, ne tarit pas d’éloges pour ce que ce cours a apporté aux élèves en matière de confiance en eux : «Les élèves qui arrivaient fatigués ou irrités au début de la journée quittaient apaisés. Tout ça par l’entremise de l’art. Cela a été une expérience incroyable et j’espère l’offrir à d’autres élèves.»

«La réussite du cours donne une double reconnaissance de crédit : un crédit de 12e année et un crédit de la Cité collégiale d’Ottawa», précise Peggy Morin. Le Centre est aussi une école secondaire alternative pour les élèves de la région.