L'APPUL demande la démission de l'administration et du ministre

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Une convention collective qui donne peu de réponses

Les professeurs de l'Université Laurentienne demande la démission du ministre des Collèges et Universités, Ross Romano, et de tous les cadres supérieurs de l'institution qui ont permis cette crise qui et décimé la Laurentienne.

Le président de l'Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne (APPUL), Fabrice Colin, explique que le vote de ratification de la nouvelle convention collective était accompagné d'un vote de confiance envers l'administration de la Laurentienne.

Résultat : 91 % des professeurs demandent la démission du recteur, Robert Haché, 88 % celle de la vice-rectrice aux études et provost, Marie-Josée Berger, 94 % celle de la vice-rectrice à l'administration, Lorella Hayes, 95 % celle du président du conseil des gouverneurs, Claude Lacaroix, et 77 % celle du secrétaire général et du Sénat aux affaires étudiantes, Serge Demers.

L'APPUL ne voit pas comment l'administration qui a mené une restructuration aussi «brutale» peut  planifier l'avenir de l'institution.

L'APPUL et l'Union des associations des professeurs des universités de l’Ontario (OCUFA) demandent aussi la démission du ministre des Collèges et Universités, Ross Romano. De leur avis, il est l'ultime responsable de la crise. Celui qui n'a rien fait pour financer plus adéquatement la Laurentienne et qui ne s'est pas engagé dans le processus actuel.

«Ross Romano est ultimement responsable de la crise et des dommages à long terme à notre communauté», déclare le président de l'APPUL, Fabrice Collin. Il ajoute que le gouvernement a aussi failli à sa tâche de surveiller les finances de l'institution.

«Il savait ce qui s'en venait et a choisi de ne rien faire. Il a démontré le même refus de collaboration», ajoute le président d'OCUFA, Raoul Sapra.

M. Sapra a donné trois exemples de financement exceptionnel donné à des universités du Nord au cours des années. À la fin des années 1980, l'université Algoma a reçu une subvention spéciale pour a sauver de ses problèmes financiers, une subvention spéciale toujours en fonction aujourd'hui. Au début 2000, l'Université de Hearst a reçu 400 000 $ et en a reçu d'autres plus tard. Il y a quelques années, l'université Nipissing a reçu 2,8 millions $ pour remettre ses finances en ordre.

Selon M. Sapra, une aide similaire accordée à la Laurentienne aurait pu atteindre 8,4 millions $, si on applique un principe de proportion selon la taille des institutions.

Nouvelle convention

La nouvelle convention collective a été imposée sous la menace «de l’arme nucléaire», illustre un professeur qui veut garder l'anonymat. Elle a finalement été acceptée à 81 %, parce que l'alternative, soit la fermeture de l'université d'après le recteur, était bien pire.

Fabrice Collin a dévoilé qu'elle incluait une réduction des salaires de 5 % dès le 1er mai et que ceux-ci seraient gelés pendant deux ans. Tous les professeurs ont l'obligation de prendre cinq jours de congé sans solde au cours d'une année. Les professeurs de la faculté des sciences, de génie et d’architecture doivent enseigner un cours de plus par année. La convention collective sera en vigueur jusqu'en juillet 2025.

Cependant, la convention collective ne répond pas à toutes les questions. Un professeur qui allait prendre sa retraite en juin et dont le poste a été finalement coupé ne sait pas ce qui comment son dossier sera géré. De plus, le régime de retraite aurait aussi été revu à la baisse.

Une autre professeur raconte que, même si elle garde son poste, la restructuration des départements fait qu'elle ne sait pas où son programme se retrouvera. «Ils relâchent de l'info toute morcelée, sans se préoccuper de la santé de leurs employés. C'est inhumain», lance-t-elle.

Elle s'inquiète aussi de la survie des programmes qui n'ont pas été coupés. Certains départements ont un seul professeur encore en poste qui ne pourra pas enseigner tous les cours. On ne sait pas encore si tous les cours nécessaires à certains programmes seront encore enseignés. À long terme, elle craint qu'ils pourront fermer plus de programmes «parce que nos agréments seront à risque et personne ne voudra étudier ici. N'ont-ils pas pensé que les gens voudront éviter à tout prix de venir ici?».