COVID-19 et écoles : La marche à suivre en cas d’éclosion

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur
Avec un premier cas dans une école francophone du Nord, comment les bureaux de santé publique gèreront les éclosions?

Les écoles du Nord de l’Ontario ont pour l’instant échappé à la COVID-19. Isoler une personne infectée est simple, mais que faut-il faire quand toute une école risque la contamination?

«Santé publique est avisée quand n’importe qui reçoit un résultat positif à un test de dépistage de COVID-19. À ce moment-là [on] communiquera avec la personne qui a eu le résultat positif», affirme l’infirmière autorisée et gestionnaire pour le service de Santé publique Sudbury dans la division de School Health Vaccine Preventable Diseases & COVID-19 Prevention, Anik Proulx.

«Dans le cas d’un étudiant par exemple, on communiquera avec les parents ou les tuteurs de cette personne-là. On prend ce temps pour évaluer les symptômes et les expositions de la personne.»

«Donc, c’est comme une investigation, parce qu’on veut savoir où cette personne est allé, quelles sont les expositions que cette personne-là a eues, pour essayer de déterminer où ce que cette personne a pu être en contact avec le virus de COVID-19», dit-elle. Les personnes avec qui la personne croit avoir été en contact étroit seront aussi contactées.

À l’école…

Durant l’enquête, Santé publique saura si cette personne fait partie d’un milieu scolaire. Si c’est le cas, il y a plusieurs directives à suivre, fournies par le ministère de l’Éducation de l’Ontario et le ministère de Santé de l’Ontario.

La première étape est d’avertir la direction ou la personne désignée pour l’école du résultat positif du test de dépistage de la COVID-19 en lien avec leur école.

La deuxième étape, «la direction de l’école ou la personne désignée va fournir à Santé publique les listes de noms de personnes qui ont pu être en contact avec la personne qui a eu le résultat positif», explique Anik Proulx.

Listes de classes, listes des évènements qui se passent avant ou après l’école, listes d’autobus scolaires et n’importe quelle autre personne qui aurait pu être en contact avec le cas. Tout pour assurer que chaque personne qui aura eu un contact potentiel avec la personne infectée suit les consignes d’isolement.

S’il y a un cas positif et que la personne était à l’école durant la période où elle était contagieuse, Santé publique se réserve le droit d’annuler les groupes dont la personne faisait partie en suivant les directives provinciales. «Ça pourrait être la classe, un autobus, une activité à l’école, un programme avant ou après l’école auquel ils auront été. […] On travaille[ra] très proche avec la direction de l’école en termes de direction que l’école doit suivre s’il y a un cas positif dans le milieu scolaire», dit-elle.

Selon la province, une éclosion dans une école doit être déclarée lorsque, dans une période de 14 jours, il y a deux cas confirmés ou plus qui peuvent être retracés jusqu’à une école. Que ce soit des étudiants, des membres du personnel ou un visiteur ayant un lien épidémiologique.

Dans le cas d’une éclosion, Santé publique communiquera avec l’école pour les étapes à suivre. La Santé publique fait tout pour éviter la fermeture des écoles, tout en assurant la sécurité de tous. «Si on parle de vraiment fermer une école pour une certaine période de temps, c’est parce qu’on voit des preuves que le virus est en train de se transmettre au niveau de l’école, où il y aura du widespread transmision dans l’école», dit Anik Proulx.

Des exemples ailleurs

Les responsables régionaux de la santé publique de Pembroke, en Ontario, ont fermé l’école secondaire Fellowes il y a deux semaines après que trois membres du personnel aient été infectés et que l’on ait confirmé que l’un d’entre eux avait visité trois classes.

Au Québec, il y a eu une douzaine de cas semblables ou plus sérieux, mais on a choisi d’envoyer des classes à la maison plutôt que des écoles entières. La première fermeture d’école a eu lieu il y a deux semaines.