Webinaire organisé par le PCFE le 19 aout sur l’importance de l’entrepreneuriat féminin pour la reprise économique, en partenariat avec Femmessor.
Webinaire organisé par le PCFE le 19 aout sur l’importance de l’entrepreneuriat féminin pour la reprise économique, en partenariat avec Femmessor.

Viser l’économie équitable pour les femmes entrepreneures de la diversité

Annik Chalifour
Annik Chalifour
IJL – Réseau.Presse – l-express.ca

Le Portail de connaissance pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE), géré via le Diversity Institute de l’Université Ryerson, a récemment publié son rapport État des lieux de l’entrepreneuriat féminin au Canada 2021 centré sur les réalités des femmes entrepreneures noires et autochtones, ainsi que l'intersectionnalité dans le contexte de la pandémie.

«Nos constats mettent le projecteur sur les profils et les défis des femmes entrepreneures issues de la diversité», selon la directrice du marketing et des communications au Diversity Institute, Sabine Soumare.

«Mais aussi sur l’opportunité de faire progresser l’entrepreneuriat féminin comme apport essentiel à notre économie durable.»

Statistiques révélatrices

Le rapport de l’Institut souligne plusieurs statistiques révélatrices:

  • Les femmes entrepreneures sont plus jeunes et plus scolarisées que les hommes entrepreneurs.

  • 37 % des femmes entrepreneures travaillent à leur propre compte.

  • Seulement 15 % des femmes entrepreneures sont propriétaires d’une société incorporée.

  • 92 % des entreprises gérées par des femmes comptent moins de 20 employés.

La couverture du rapport du PCFE.

Vulnérabilité des femmes entrepreneures

«De par leur secteur d’activité et le manque de ressources financières, les femmes entrepreneures sont plus vulnérables que les hommes entrepreneurs... qui ont plus facilement accès aux capitaux», mentionne Sabine Soumare.

«Leur vulnérabilité provient également de leurs responsabilités familiales — manque d’accès aux services de garde et frais de garde élevés —, mais aussi du fait que la plupart des entreprises féminines ne sont pas incorporées.»

Un avantage important de la constitution en société est qu’aucun propriétaire d’une entreprise constituée en société ne peut être tenu personnellement responsable des dettes, obligations ou actes de la société.

Le taux d’imposition est plus bas, la société a plus facilement accès au financement et aux subventions. Voir le guide de ressources sur l’incorporation.

«Plusieurs femmes ont dû malheureusement fermer leur entreprise en raison de la pandémie. Une perte importante pour elles-mêmes et pour notre économie durable», témoigne Sabine Soumare.

Manque d’accès aux capitaux

«Les femmes entrepreneures sont également vulnérables par manque d’appui financier, d’accès aux capitaux. Cela joue sur leur confiance en elles. Particulièrement pour celles issues de la diversité, souvent aussi victimes de stéréotypes.»

«Par ailleurs, les incubateurs sont principalement constitués en fonction des besoins des hommes entrepreneurs. Il y a très peu ou absence de lentilles sur les femmes.»

«Un système qui ne stimule aucunement l’entrepreneuriat féminin», déplore Sabine Soumare.

Sabine Soumare, directrice du markéting et des communications au Diversity Institute.

Peu de données sur les entrepreneures immigrantes

Les recherches de l’Institut précisent que les femmes entrepreneures œuvrent principalement en milieu urbain.

Les entreprises détenues majoritairement par des femmes sont plus souvent situées dans le Nord de l’Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique.

Leurs activités se concentrent essentiellement dans le secteur tertiaire, l’enseignement et les soins de santé; l’hébergement et les services de restauration; l’industrie de l’information, l’industrie culturelle et les loisirs, le domaine social.

«Concernant l’entrepreneuriat féminin issu de la diversité, on a très peu de données pour comprendre la réalité des femmes immigrantes... Alors que le Canada compte un peu plus d’un million de Noirs», détaille Sabine.

«Notre Portail sert justement à récolter des données et à comparer les pratiques.»

L’entrepreneuriat féminin en Ontario

«En Ontario, la vaste majorité des ressources sont à la portée des femmes entrepreneures anglophones», mentionne Sabine Soumare.

«Toutefois on remarque une récente ouverture à l’égard de l’entrepreneuriat féminin franco-ontarien. Par exemple : les efforts de la Société Économique de l'Ontario. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour comprendre l’écosystème des femmes entrepreneures ontariennes francophones dans toute sa pluralité.»

Citons également les initiatives de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA) créé par le Club Canadien de Toronto.

Femmes entrepreneures noires

En outre l’enquête menée en (2020) sur 700 femmes entrepreneures noires. via le Rapport Élévation, révèle que 42 % des nouvelles entreprises initiées par des femmes noires ont démarré en 2020-2021.

«Il est important de souligner que les femmes entrepreneures noires décident de lancer leur entreprise à la suite de difficultés à trouver un emploi... dues entre autres à la discrimination.»

«Certaines femmes entrepreneures noires choisissent l’entrepreneuriat en raison de l’enjeu lié à la garde des enfants. Travailler de la maison permet une certaine flexibilité entre la gestion de l’entreprise et celle de la vie familiale», cite Sabine.

«Elles désirent aussi — par leur entrepreneuriat — faire rayonner leur culture d’origine. Un nouveau phénomène socioéconomique associé au récent mouvement Black Lives Matter.»

Trois opportunités importantes

Le Rapport de l’Institut rehausse trois points d’importance dans le but d’assurer le progrès durable de l’entrepreneuriat féminin :

Maintenir le Portail des connaissances pour les femmes en entrepreneuriat PCFE bilingue visant à partager des recherches et des ressources pour les femmes entrepreneures.